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Montages ALI en PSI : inverseur, intégrateur, hystérésis

Publié le 31 octobre 2026 · 8 min de lecture

Un ALI fonctionne en régime linéaire quand la sortie est ramenée sur l'entrée inverseuse et que le montage est stable : avec un ALI idéal, on écrit alors V+=V−V_+ = V_-, ce qui donne par exemple Vs=(1+R2R1)VeV_s = \left(1 + \frac{R_2}{R_1}\right)V_e pour le non inverseur et Vs=−R2R1VeV_s = -\frac{R_2}{R_1}V_e pour l'inverseur. Sans rétroaction, ou avec une rétroaction sur la seule entrée non inverseuse, il sature : Vs=+VsatV_s = +V_{\mathrm{sat}} si ε=V+−V−>0\varepsilon = V_+ - V_- > 0, −Vsat-V_{\mathrm{sat}} si ε<0\varepsilon < 0. La position de la rétroaction n'est qu'un indice ; c'est l'étude de stabilité qui le justifie.

Le modèle, le suiveur, le non inverseur, la mise en cascade et les comparateurs sont communs à toutes les classes concernées. L'inverseur et l'intégrateur sont au programme de PSI, de PT et des classes marocaines (PSI, TSI, MP) ; l'étude de la stabilité avec le modèle du premier ordre est réservée à la PSI et à la PT.

Tableau des montages usuels

L'ALI est supposé idéal (courants d'entrée nuls, résistance de sortie nulle, gain infini), et Vsat≈14 VV_{\mathrm{sat}} \approx 14\ \text{V} pour une alimentation ±15 V\pm 15\ \text{V}.

Montage Relation Impédance d'entrée Régime
Suiveur Vs=VeV_s = V_e infinie linéaire
Non inverseur Vs=(1+R2R1)VeV_s = \left(1 + \frac{R_2}{R_1}\right)V_e infinie linéaire
Inverseur Vs=−R2R1VeV_s = -\frac{R_2}{R_1}V_e R1R_1 linéaire
Inverseur à impédances H‾=−Z‾2Z‾1\underline{H} = -\frac{\underline{Z}_2}{\underline{Z}_1} Z‾1\underline{Z}_1 linéaire
Sommateur inverseur Vs=−R∑kVkRkV_s = -R\sum_k \frac{V_k}{R_k} linéaire
Intégrateur Vs=−1RC∫Ve dtV_s = -\frac{1}{RC}\int V_e\,\mathrm{d}t, H‾=−1jRCω\underline{H} = -\frac{1}{jRC\omega} RR linéaire
Comparateur simple Vs=±VsatV_s = \pm V_{\mathrm{sat}} selon le signe de ε\varepsilon saturé
Hystérésis non inverseur seuils ±R1R2Vsat\pm\frac{R_1}{R_2}V_{\mathrm{sat}} saturé
Hystérésis inverseur seuils ±R1R1+R2Vsat\pm\frac{R_1}{R_1 + R_2}V_{\mathrm{sat}} saturé

R2R_2 est toujours la résistance de retour vers la sortie. Le cycle du comparateur inverseur est parcouru dans le sens opposé à celui du non inverseur.

Méthode en quatre étapes

  1. Repérer la rétroaction et choisir le régime. Sortie reliée à la seule entrée −- : régime linéaire probable, V+=V−V_+ = V_-. Pas de rétroaction, ou rétroaction sur la seule entrée ++ : saturation. Rétroaction sur les deux entrées : seule l'étude de stabilité tranche.
  2. Exprimer V+V_+ et V−V_-. Diviseur de tension (justifié par i+=i−=0i_+ = i_- = 0) ou théorème de Millman aux entrées, jamais au nœud de sortie, dont le courant vient de l'alimentation.
  3. Conclure. En régime linéaire, poser V+=V−V_+ = V_- et isoler VsV_s (impédances complexes en régime sinusoïdal). En saturation, chercher la valeur de VeV_e qui annule ε\varepsilon pour chacun des deux états de sortie : ce sont les seuils.
  4. Vérifier. Contrôler ∣Vs∣<Vsat|V_s| < V_{\mathrm{sat}} et un cas limite (R2=0R_2 = 0 donne le suiveur). En PSI et en PT, le modèle du premier ordre, τdVsdt+Vs=μ0ε\tau\frac{\mathrm{d}V_s}{\mathrm{d}t} + V_s = \mu_0\varepsilon, justifie le régime par le signe des coefficients.

Exercice 1 : seuils d'un comparateur à hystérésis

Un comparateur à hystérésis non inverseur reçoit VeV_e à travers R1=22 kΩR_1 = 22\ \text{k}\Omega ; une résistance R2=100 kΩR_2 = 100\ \text{k}\Omega relie la sortie à l'entrée ++, et l'entrée −- est à la masse. Vsat=14 VV_{\mathrm{sat}} = 14\ \text{V}. (1) Justifier le régime de fonctionnement. (2) Calculer les seuils. (3) L'entrée est une sinusoïde de 5,0 V5{,}0\ \text{V} d'amplitude et de 1,0 kHz1{,}0\ \text{kHz} : décrire la sortie et calculer le retard des basculements. (4) Même question pour une amplitude de 2,0 V2{,}0\ \text{V}.

1. Régime. La seule rétroaction se fait sur l'entrée ++ : le régime linéaire est instable, la sortie est saturée, Vs=±VsatV_s = \pm V_{\mathrm{sat}} selon le signe de ε\varepsilon.

2. Seuils. Aucun courant n'entre dans l'ALI, donc le théorème de Millman à l'entrée ++ donne

V+=R2Ve+R1VsR1+R2,V−=0.V_+ = \frac{R_2V_e + R_1V_s}{R_1 + R_2}, \qquad V_- = 0.

ε\varepsilon change de signe pour Ve=−R1R2VsV_e = -\frac{R_1}{R_2}V_s. Avec VB=R1R2Vsat=0,22×14=3,08 VV_B = \frac{R_1}{R_2}V_{\mathrm{sat}} = 0{,}22 \times 14 = 3{,}08\ \text{V} :

3. Amplitude 5,0 V5{,}0\ \text{V}. La sortie est un carré de ±14 V\pm 14\ \text{V}, de même fréquence. Chaque basculement a lieu quand ∣Ve∣=3,08 V|V_e| = 3{,}08\ \text{V}, soit un retard de phase arcsin⁡3,085,0≈38°\arcsin\frac{3{,}08}{5{,}0} \approx 38° après le passage par zéro, c'est-à-dire 38360×1,0 ms≈0,11 ms\frac{38}{360} \times 1{,}0\ \text{ms} \approx 0{,}11\ \text{ms}.

4. Amplitude 2,0 V2{,}0\ \text{V}. L'entrée n'atteint jamais ±3,08 V\pm 3{,}08\ \text{V} : la sortie garde son état initial (fonction mémoire).

Exercice 2 : stabilité et bande passante (PSI en France, PT)

On réalise un non inverseur avec R1=1,0 kΩR_1 = 1{,}0\ \text{k}\Omega (côté masse) et R2=19 kΩR_2 = 19\ \text{k}\Omega (retour). L'ALI suit le modèle du premier ordre, μ0=105\mu_0 = 10^5 et fc=10 Hzf_c = 10\ \text{Hz}. (1) Établir l'équation différentielle de VsV_s et conclure sur la stabilité. (2) Calculer le gain statique et la fréquence de coupure. (3) On échange par erreur les deux entrées. Partie de 1 mV1\ \text{mV}, en combien de temps la sortie atteint-elle 14 V14\ \text{V} ?

1. Équation. V+=VeV_+ = V_e, V−=βVsV_- = \beta V_s avec β=R1R1+R2=0,05\beta = \frac{R_1}{R_1 + R_2} = 0{,}05, d'où

τdVsdt+(1+μ0β)Vs=μ0Ve.\tau\frac{\mathrm{d}V_s}{\mathrm{d}t} + (1 + \mu_0\beta)V_s = \mu_0V_e.

Les coefficients τ\tau et 1+μ0β=5 0011 + \mu_0\beta = 5\,001 sont positifs : le montage est stable.

2. Gain et bande passante. Sous forme canonique,

G0=μ01+μ0β=1055 001≈20,0,fc′=(1+μ0β)fc=5 001×10≈50 kHz.G_0 = \frac{\mu_0}{1 + \mu_0\beta} = \frac{10^5}{5\,001} \approx 20{,}0, \qquad f'_c = (1 + \mu_0\beta)f_c = 5\,001 \times 10 \approx 50\ \text{kHz}.

On retrouve 1β=1+R2R1=20\frac{1}{\beta} = 1 + \frac{R_2}{R_1} = 20, le gain de l'ALI idéal, et le produit G0fc′=μ0fc=106 HzG_0f'_c = \mu_0f_c = 10^6\ \text{Hz}.

3. Entrées échangées. Avec V+=βVsV_+ = \beta V_s et V−=VeV_- = V_e,

τdVsdt+(1−μ0β)Vs=−μ0Ve,1−μ0β=−4 999<0.\tau\frac{\mathrm{d}V_s}{\mathrm{d}t} + (1 - \mu_0\beta)V_s = -\mu_0V_e, \qquad 1 - \mu_0\beta = -4\,999 < 0.

Les coefficients sont de signes opposés : instable. Pour Ve=0V_e = 0, VsV_s croît comme et/θe^{t/\theta}, avec τ=12πfc≈15,9 ms\tau = \frac{1}{2\pi f_c} \approx 15{,}9\ \text{ms} et

θ=τμ0β−1≈3,2 μs,t=θln⁡1410−3≈30 μs.\theta = \frac{\tau}{\mu_0\beta - 1} \approx 3{,}2\ \mu\text{s}, \qquad t = \theta\ln\frac{14}{10^{-3}} \approx 30\ \mu\text{s}.

Le montage est devenu un comparateur à hystérésis inverseur.

Quelles sont les erreurs classiques ?

Questions fréquentes

Comment savoir si un ALI fonctionne en régime linéaire ?

Une rétroaction sur la seule entrée inverseuse l'indique ; on vérifie ensuite ∣Vs∣<Vsat|V_s| < V_{\mathrm{sat}}. En PSI et en PT, avec le modèle du premier ordre, le régime est stable si les coefficients de l'équation différentielle de VsV_s sont de même signe (critère valable aux ordres 11 et 22).

Pourquoi le montage intégrateur sature-t-il ?

La moindre composante continue de l'entrée est intégrée indéfiniment, jusqu'à ±Vsat\pm V_{\mathrm{sat}}. On place une grande résistance R′R' en parallèle sur le condensateur : ce pseudo-intégrateur n'intègre que pour ω≫1R′C\omega \gg \frac{1}{R'C}.

Quelle différence entre comparateur simple et comparateur à hystérésis ?

Le comparateur simple bascule à chaque changement de signe de ε\varepsilon, donc plusieurs fois près du seuil si le signal est bruité. Le comparateur à hystérésis a deux seuils ; entre eux, la sortie garde son état, et un bruit plus petit que la demi-largeur du cycle ne la fait pas basculer.

Comment calculer la bande passante d'un non inverseur ?

Avec le modèle du premier ordre, fc′=(1+μ0β)fcf'_c = (1 + \mu_0\beta)f_c et G0≈1+R2R1G_0 \approx 1 + \frac{R_2}{R_1} : leur produit vaut μ0fc\mu_0f_c, de l'ordre du mégahertz. La PSI et la PT françaises l'établissent ; en TSI (France et Maroc) et en MP au Maroc, on le constate en travaux pratiques ; la PSI marocaine étudie celle de l'inverseur, fc′≈μ0fcR1R1+R2f'_c \approx \mu_0f_c\frac{R_1}{R_1 + R_2}.

Le critère des signes suffit-il pour juger la stabilité ?

Pour un système d'ordre 11 ou 22, oui : il est stable si et seulement si tous les coefficients de l'équation homogène sont non nuls et de même signe. À l'ordre 33, ce n'est plus suffisant : s′′′+s′′+s′+2s=0s''' + s'' + s' + 2s = 0 a tous ses coefficients positifs et pourtant des solutions divergentes.

Pour aller plus loin

Le chapitre « Amplificateur linéaire intégré, stabilité et rétroaction » (PSI, PT, TSI2, MP au Maroc) détaille les limites de l'ALI réel, les mesures à l'oscilloscope et la stabilité des montages bouclés ; sa page publique montre un extrait et le plan. L'oscillateur de relaxation, qui associe un intégrateur et un comparateur à hystérésis, est traité dans Oscillateurs électroniques. L'essai gratuit donne accès aux chapitres offerts de ta filière, et tu peux poser une question sur WhatsApp.

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