L'entreprise : définitions, finalités, parties prenantes, RSE, logiques entrepreneuriale et managériale (cours et exercices corrigés de management ECS1 et ECT1)
L'entreprise et ses définitions, typologies, finalités économiques, sociales et sociétales, parties prenantes et leurs attentes, responsabilité sociétale, logique entrepreneuriale et logique managériale.
- 16méthodes
- 28exercices corrigés
- 5problèmes
- 13pièges
- 17figures
Une étude de cas commence toujours par la même question : de quelle entreprise parle-t-on, que cherche-t-elle, et pour qui agit-elle ? Ce chapitre apprend à définir l'entreprise selon trois approches (économique, systémique, sociologique), à identifier sa mission et son métier, à la classer selon son activité, sa forme juridique (SARL, SAS, SA, coopérative, au regard du droit marocain), la propriété de son capital et sa taille, à distinguer ses finalités économique, sociale et sociétale de ses objectifs, à décrire son environnement en trois niveaux, à identifier et cartographier ses parties prenantes (Freeman, Clarkson, Mitchell, Agle et Wood) et à apprécier une démarche de responsabilité sociétale (ISO 26000, label RSE de la CGEM, rapport ESG). En ECT1, il ajoute les logiques entrepreneuriale et managériale et les deux types de management. Il suit le module « Connaissance de l'entreprise » de l'ECS1 et le thème 1.1 de l'ECT1 du programme marocain. Tu y trouves seize méthodes, des exercices corrigés et commentés, des sujets réels du CNAEM, de l'ISCAE et des concours français, et des cas d'entreprises marocaines.
Ce que tu sauras faire
Une étude de cas commence toujours par la même question : de quelle entreprise parle-t-on, que cherche-t-elle, et pour qui agit-elle ? Ce chapitre donne les notions qui permettent d'y répondre avec précision. À la fin, tu dois savoir :
- définir l'entreprise selon trois approches (économique, systémique, sociologique) et la distinguer de la société ;
- caractériser la mission, la vision et le métier d'une entreprise ;
- classer une entreprise selon son activité, sa forme juridique, la propriété de son capital et sa taille, et dresser sa fiche d'identité ;
- identifier ses finalités et les distinguer de ses objectifs ;
- décrire son environnement en trois niveaux ;
- identifier ses parties prenantes, leurs attentes, leurs conflits, et les cartographier ;
- expliquer la responsabilité sociétale de l'entreprise et apprécier une démarche réelle ;
- en ECT1, distinguer et relier logique entrepreneuriale et logique managériale, management stratégique et management opérationnel.
L'essentiel : Finalités et objectifs Extrait gratuit
| Finalité | Concerne | Indices |
|---|---|---|
| Économique | l'entreprise et ses associés | rentabilité, pérennité, croissance |
| Sociale | les salariés | emploi, salaires, formation, sécurité |
| Sociétale | la société et l'environnement | produits sains, territoire, eau, énergie, déchets |
- Drucker (1954) : la finalité d'une entreprise est de créer un client ; le profit en est la condition et la mesure.
- Objectifs : stratégiques (long terme, direction) ou opérationnels (court terme, services) ; quantitatifs ou qualitatifs ; toujours précis, vérifiables (chiffrés s'ils sont quantitatifs), assortis d'une échéance et reliés à une finalité.
- « Rester leader » est un objectif, pas une finalité.
- Performance : efficacité (objectif atteint ?) et efficience (à quel coût ?) ; performance globale = économique, sociale, environnementale.
Une méthode du chapitre Extrait gratuit
« Identifiez les finalités de l'entreprise », « quelles finalités poursuit-elle ? », « montrez que l'entreprise ne poursuit pas qu'une finalité économique ».
Trois finalités : économique (rentabilité, pérennité, croissance), sociale (les salariés), sociétale (la société et l'environnement). Une finalité est durable et générale ; elle ne se date pas.
- Chercher dans les annexes des indices pour chacune des trois finalités.
- Pour chaque finalité : la nommer, la définir en quelques mots, citer l'indice du cas avec son annexe.
- Vérifier qu'aucun objectif chiffré ou daté n'a été présenté comme une finalité.
- Dire si une finalité domine, et pourquoi.
« [L'entreprise] poursuit d'abord une finalité économique : elle cherche à … (annexe …). Elle poursuit aussi une finalité sociale, tournée vers ses salariés : … (annexe …). Enfin, sa finalité sociétale se voit dans … (annexe …). Ces finalités se renforcent : … . »
Une entreprise construite de chauffe-eau solaires : bénéfice en hausse et ouverture d'une agence à Marrakech (annexe 1) ; formation de ses poseurs à la sécurité en hauteur et contrats à durée indéterminée (annexe 2) ; économies d'électricité de ses clients et recyclage des anciens ballons (annexe 3). Finalité économique : rentabilité et croissance, visibles dans le bénéfice et la nouvelle agence. Finalité sociale : sécurité et stabilité de l'emploi des poseurs. Finalité sociétale : réduire la consommation d'énergie des ménages et les déchets. Lecture : ces finalités se renforcent, puisque l'argument écologique fait vendre et que des poseurs formés installent mieux.
- Prouver la finalité économique par le seul chiffre d'affaires, qui mesure l'activité et non la rentabilité.
- Justifier une finalité par la théorie et non par un fait du cas.
- Réduire la finalité sociétale à l'environnement.
- Justifier la finalité sociale par des acteurs extérieurs (fournisseurs, clients).
Exercices 7, 11 et 14 ; problèmes 1, 2 et 4.
Un exercice corrigé Extrait gratuit
Voici douze énoncés tirés de cas d'entreprises.
-
Assurer la pérennité de l'entreprise.
-
Rester le leader de l'eau embouteillée au Maroc.
-
Réduire de 10 % les déchets d'emballage d'ici 2027.
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Contribuer au développement de sa région d'implantation.
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Porter la part de marché de 23 % à 30 % en trois ans.
-
Former chaque ouvrier au moins deux jours par an.
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Offrir à ses salariés un emploi stable et des conditions de travail dignes.
-
Ouvrir dix nouveaux points de vente en 2027.
-
Atteindre une rentabilité nette de 5 % du chiffre d'affaires dès l'an prochain.
-
Obtenir le label RSE de la CGEM avant la fin de l'année.
-
Créer de la valeur pour ses actionnaires.
-
Diviser par deux le nombre d'accidents du travail en deux ans.
-
Classer chaque énoncé en finalité ou objectif.
-
Pour chaque objectif, préciser s'il est quantitatif ou qualitatif, puis le rattacher à la finalité qu'il sert (économique, sociale, sociétale).
On demande de séparer l'orientation durable du résultat à atteindre. Méthode 6. Premier pas : un objectif se mesure ou se constate à une date ; une finalité ne se date pas. Se méfier des énoncés qui ressemblent à une ambition générale mais visent une position à atteindre.
1. Finalités : énoncés 1, 4, 7 et 11. Objectifs : énoncés 2, 3, 5, 6, 8, 9, 10 et 12.
2.
| Objectif | Nature | Finalité servie |
|---|---|---|
| 2. Rester le leader | qualitatif (position à tenir, mesurable par la part de marché) | économique (pérennité) |
| 3. Réduire de 10 % les déchets d'ici 2027 | quantitatif | sociétale (environnement) |
| 5. Part de marché de 23 % à 30 % | quantitatif | économique (croissance) |
| 6. Deux jours de formation par ouvrier | quantitatif | sociale |
| 8. Dix points de vente en 2027 | quantitatif | économique (croissance) |
| 9. Rentabilité nette de 5 % | quantitatif | économique (rentabilité) |
| 10. Label RSE avant la fin de l'année | qualitatif (il est obtenu ou non) | sociétale et sociale |
| 12. Accidents divisés par deux en deux ans | quantitatif | sociale (santé et sécurité) |
Commentaire : l'énoncé 2, « rester le leader », est classé parmi les finalités par les corrigés en circulation de deux sujets du CNAEM sur la même société d'eaux minérales. C'est un objectif de positionnement : il désigne une place à tenir face aux concurrents, que l'on mesure par la part de marché, au service de la finalité de pérennité. Une finalité répond à la question « pour quoi agir ? », un objectif à la question « quel résultat viser ? ».
Finalité : orientation durable, non datée. Objectif : résultat visé, mesurable ou constatable, souvent daté, rattaché à une finalité. « Rester leader » est un objectif. Voir la méthode 6.
Le cours détaillé, toute la fiche « L'essentiel », 16 méthodes, 13 pièges corrigés, la carte mentale, 28 exercices corrigés, 5 problèmes de concours, les fiches à mémoriser et l'assistant qui répond à tes questions. Ce chapitre est offert : il s’ouvre en entier avec un compte d’essai gratuit.
Ouvrir l'essai gratuitUne question ? WhatsAppPlan du cours
- 1. Qu'est-ce qu'une entreprise ?
- 1.1 Une définition de travail
- 1.2 L'approche économique
- 1.3 L'approche systémique
- 1.4 L'approche sociologique
- 1.5 Les fonctions de l'entreprise
- 2. Mission, vision, valeurs, métier
- 2.1 Mission, vision, valeurs
- 2.2 Le métier
- 3. Classer les entreprises
- 3.1 Le critère économique : l'activité
- 3.2 Le critère juridique : la forme de l'entreprise
- 3.3 Le critère de la propriété du capital
- 3.4 Le critère dimensionnel : la taille
- 3.5 La fiche d'identité d'une entreprise
- 4. Finalités, buts, objectifs, performance
- 4.1 Les finalités
- 4.2 Buts et objectifs
- 4.3 Ce qui oriente les finalités
- 4.4 La performance
- 5. L'environnement de l'entreprise
- 5.1 Définition
- 5.2 Trois niveaux
- 5.3 Une relation dans les deux sens
- 6. Les parties prenantes
- 6.1 Définition
- 6.2 Typologies
- 6.3 Attentes, contributions, rétributions
- 6.4 Convergences et conflits
- 6.5 Cartographier les parties prenantes
- 7. La responsabilité sociétale de l'entreprise (RSE)
- 7.1 Définition
- 7.2 Des degrés d'engagement
- 7.3 La démarche RSE
- 7.4 La RSE au Maroc
- 7.5 Intérêts et limites
- 8. Logique entrepreneuriale et logique managériale
- 8.1 La logique entrepreneuriale
- 8.2 La logique managériale
- 8.3 Deux logiques à concilier
- 9. Management stratégique et management opérationnel
- 9.1 Deux niveaux de management
- 9.2 Le niveau global et le niveau de chaque activité
Les méthodes du chapitre
Chaque méthode est une fiche : quand l'utiliser, le rappel de cours, les étapes, la rédaction attendue sur la copie, un exemple traité, les erreurs à éviter.
- S'approprier un cas d'entreprise et dresser sa fiche d'identité
- Caractériser une entreprise selon les trois approches
- Identifier le métier et la mission
- Classer une entreprise selon plusieurs critères
- Identifier les finalités et les justifier par le cas
- Distinguer et catégoriser les objectifs
- Caractériser l'environnement en trois niveaux
- Identifier et classer les parties prenantes, leurs attentes et leurs conflits
- Cartographier les parties prenantes et en tirer une priorité d'action
- Caractériser la gouvernance d'une entreprise
- Montrer qu'une entreprise mène une démarche RSE et apprécier son impact
- Répondre à une question d'analyse en mobilisant un auteur
- Commenter une proposition sur l'entreprise
- Rédiger une note structurée d'analyse
- Montrer qu'une entreprise concilie logique entrepreneuriale et logique managériale
- Distinguer management stratégique et management opérationnel
Les exercices corrigés
Chaque exercice a ses indications, sa correction rédigée et ce qu'il faut en retenir.
Application directe (11)
- Trois regards sur une semoulerie
- Entreprise, société, organisation : classer huit entités
- Mission, vision, finalité, objectif
- Forme juridique et capital de la société anonyme
- Fiches d'identité de quatre entreprises marocaines
- Finalité ou objectif ?
- Finalité économique, sociale ou sociétale
- Macro, méso ou micro-environnement
- Classer les parties prenantes selon trois typologies
- Contributions et attentes : un tableau pour sept parties prenantes
- Logique entrepreneuriale ou logique managériale
Entraînement (13)
- Métier et finalités d'un fabricant de jeans
- Les métiers d'un groupe marocain de distribution automobile
- Une société concessionnaire d'autoroutes : fiche d'identité
- Finalités et objectifs de magasins bio rachetés par un groupe
- Responsabilité sociale et sociétale d'un industriel de l'aluminium
- Cartographier les parties prenantes d'un sucrier
- Trois conflits d'intérêts à la semoulerie
- Caractériser la gouvernance d'une compagnie de transport de voyageurs
- Automatiser les tests ou garder les emplois : la décision face aux engagements RSE
- Les enjeux d'une charte de valeurs pour un fabricant de peinture
- Quatre propositions à commenter
- Management stratégique ou management opérationnel
- Une PME du terroir qui grandit
Approfondissement (4)
- L'objectif financier est-il la seule finalité d'une entreprise ?
- RSE de conformité ou valeur partagée
- Repérer l'écoblanchiment
- En grandissant, une entreprise perd-elle l'esprit d'entreprise ?
Les problèmes de concours
Des extraits de sujets réels, corrigés en entier, avec la durée conseillée et les méthodes mobilisées.
- Le miel et les produits du terroir d'une SARL marocaine
- Des vêtements éthiques « moins mais mieux »
- Un chantier d'insertion qui recycle des voiliers
- Les finalités et la responsabilité d'un producteur d'eaux minérales
- Les logiques entrepreneuriale et managériale chez WEAVE
Questions fréquentes
Quelles sont les finalités de l'entreprise ?
On en distingue trois. La finalité économique vise la rentabilité, la pérennité et la croissance. La finalité sociale concerne les salariés : emploi, salaires, formation, santé et sécurité. La finalité sociétale concerne la société dans son ensemble : clients, riverains, territoire, environnement. Dans une copie, chaque finalité se justifie par un fait précis du cas, avec son annexe.
Quelle est la différence entre une finalité et un objectif ?
La finalité est une orientation durable et générale, qu'on ne vérifie jamais à une date (durer, créer de la valeur, respecter l'environnement). L'objectif est un résultat visé, précis et vérifiable, chiffré s'il est quantitatif, assorti d'une échéance, et relié à une finalité. « Rester le premier fabricant de la région » est un objectif de positionnement, pas une finalité.
Quelle est la différence entre finalité sociale et finalité sociétale ?
La finalité sociale concerne les salariés de l'entreprise. La finalité sociétale concerne tous les autres : clients, fournisseurs, riverains, territoire, environnement, générations futures. Elle ne se réduit pas à l'environnement, erreur que relèvent les jurys.
Qu'est-ce qu'une partie prenante selon Freeman ?
Pour R. Edward Freeman (Strategic Management: A Stakeholder Approach, 1984), c'est tout groupe ou individu qui peut affecter la réalisation des objectifs de l'organisation, ou être affecté par elle. On les classe en internes et externes, en primaires et secondaires (Clarkson, 1995), en contractuelles et diffuses. Les riverains d'une usine sont des parties prenantes même sans contrat avec elle.
Comment cartographier les parties prenantes ?
La matrice pouvoir et intérêt donne une conduite à tenir : associer étroitement celles qui ont un fort pouvoir et un fort intérêt, satisfaire celles qui ont du pouvoir mais peu d'intérêt, informer et consulter celles qui ont un fort intérêt mais peu de pouvoir, surveiller les autres. Le modèle de Mitchell, Agle et Wood (1997) ajoute la légitimité et l'urgence : une partie prenante qui réunit pouvoir, légitimité et urgence est dite définitive et doit être traitée en priorité.
Qu'est-ce que la RSE ?
La responsabilité sociétale de l'entreprise est sa responsabilité vis-à-vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et sur l'environnement, à travers un comportement éthique et transparent (norme ISO 26000, 2010). Elle a trois dimensions : économique, sociale et environnementale. Au Maroc, la CGEM attribue un label RSE valable trois ans après l'évaluation d'un cabinet accrédité, et les sociétés qui font appel public à l'épargne publient un rapport ESG (circulaire de l'AMMC n° 03/19).
Quel est le capital minimal d'une SA au Maroc ?
300 000 DH, ou 3 000 000 DH si la société fait publiquement appel à l'épargne (loi n° 17-95, article 6). Une SA doit compter au moins cinq actionnaires. Le capital d'une SARL ou d'une SAS est fixé librement par les statuts (loi n° 5-96). La franchise et la succursale ne sont pas des formes juridiques de société.
Qu'est-ce qu'une PME au Maroc ?
Au sens de la loi n° 53-00 formant charte de la PME, c'est une entreprise gérée directement par ses propriétaires, qui n'est pas détenue à plus de 25 % par une entreprise qui n'est pas une PME, et qui a un effectif permanent de 200 personnes au plus et, sur les deux derniers exercices, un chiffre d'affaires hors taxes de 75 millions de dirhams au plus ou un total de bilan de 50 millions de dirhams au plus.
Quelle est la différence entre logique entrepreneuriale et logique managériale (ECT1) ?
La logique entrepreneuriale part d'une opportunité : innover (Schumpeter, 1911), prendre un risque, créer une organisation. La logique managériale fait fonctionner une organisation existante : mobiliser les ressources, fixer des objectifs cohérents, planifier, contrôler. Une entreprise doit concilier les deux ; dans une copie, on présente toujours les deux volets, chacun prouvé par le cas.
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