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Complexation MPSI PCSI Maroc : constante de formation

Publié le 5 novembre 2026 · 7 min de lecture

La constante de formation globale d'un complexe MLn\mathrm{ML_n} est la constante d'équilibre de la réaction M+n L=MLn\mathrm{M + n\,L = ML_n} :

βn=[MLn] (c∘)n[M] [L]n.\beta_n = \frac{[\mathrm{ML_n}]\,(c^\circ)^n}{[\mathrm{M}]\,[\mathrm{L}]^n}.

Plus elle est grande, plus le complexe est stable. Pour un couple ML/M\mathrm{ML/M}, la constante de dissociation KdK_d est l'inverse de la constante de formation KfK_f, et pKd=log⁡Kf\mathrm{p}K_d = \log K_f joue le rôle du pKa\mathrm{p}K_a : on raisonne comme en acide-base, avec le ligand à la place du proton et pL à la place du pH.

La complexation appartient au programme marocain de première année (MPSI, PCSI, TSI) et revient dans les questions de solutions aqueuses de l'épreuve de chimie du CNC. En France, elle n'est pas au programme de première année : les complexes viennent en PC.

Comment relier les constantes d'un complexe ?

Grandeur Réaction décrite Relation
βn\beta_n, formation globale M+n L=MLn\mathrm{M + n\,L = ML_n} βn=Kf1Kf2⋯Kfn\beta_n = K_{f1}K_{f2}\cdots K_{fn}
KfiK_{fi}, formation successive MLi−1+L=MLi\mathrm{ML_{i-1} + L = ML_i} log⁡Kfi=log⁡βi−log⁡βi−1\log K_{fi} = \log\beta_i - \log\beta_{i-1}
KdiK_{di}, dissociation successive MLi=MLi−1+L\mathrm{ML_i = ML_{i-1} + L} Kdi=1/KfiK_{di} = 1/K_{fi}
pKdi\mathrm{p}K_{di} frontière du couple MLi/MLi−1\mathrm{ML_i/ML_{i-1}} pKdi=log⁡Kfi\mathrm{p}K_{di} = \log K_{fi}

Pour le complexe calcium-EDTA CaY2−\mathrm{CaY^{2-}}, où Y4−\mathrm{Y^{4-}} désigne l'ion de l'EDTA, log⁡β=10,7\log\beta = 10{,}7 donne Kd=10−10,7=2,0⋅10−11K_d = 10^{-10{,}7} = 2{,}0 \cdot 10^{-11} et pKd=10,7\mathrm{p}K_d = 10{,}7. Pour les ammines de l'argent, log⁡β1=3,3\log\beta_1 = 3{,}3 et log⁡β2=7,2\log\beta_2 = 7{,}2 donnent pKd1=3,3\mathrm{p}K_{d1} = 3{,}3 et pKd2=3,9\mathrm{p}K_{d2} = 3{,}9.

Comment lire un diagramme en pL ?

On pose pL=−log⁡([L]/c∘)\mathrm{pL} = -\log([\mathrm{L}]/c^\circ), avec le ligand libre. Dès que les deux formes d'un couple sont présentes,

pL=pKd+log⁡[M][ML].\mathrm{pL} = \mathrm{p}K_d + \log\frac{[\mathrm{M}]}{[\mathrm{ML}]}.

Le complexe prédomine pour pL<pKd\mathrm{pL} < \mathrm{p}K_d, quand le ligand abonde, et l'ion libre au-delà. À pY=9,7\mathrm{pY} = 9{,}7, [Ca2+]/[CaY2−]=109,7−10,7=0,10[\mathrm{Ca^{2+}}]/[\mathrm{CaY^{2-}}] = 10^{9{,}7 - 10{,}7} = 0{,}10 : le complexe est majoritaire.

Pour que chaque complexe intermédiaire ait son domaine, les pKdi\mathrm{p}K_{di} doivent décroître. Sinon, le complexe intermédiaire ne prédomine jamais : c'est le cas de Ag(NH3)+\mathrm{Ag(NH_3)^+}, puisque 3,3<3,93{,}3 < 3{,}9. La seule frontière est alors entre Ag(NH3)2+\mathrm{Ag(NH_3)_2^+} et Ag+\mathrm{Ag^+}, à 12log⁡β2=3,6\frac12\log\beta_2 = 3{,}6.

Méthode en cinq étapes pour l'état final

  1. Concentrations. Calculer les concentrations apportées après mélange, dilution comprise, et écarter les ions spectateurs.
  2. Réaction prépondérante. Ligand en excès (plus de nn ligands par ion) : formation du complexe le plus riche, de constante βn\beta_n. Ligand en défaut : formation du complexe le plus pauvre, M+L=ML\mathrm{M + L = ML}, s'il a un domaine de prédominance. Sinon, comme pour Ag(NH3)+\mathrm{Ag(NH_3)^+}, écrire M+2 L=ML2\mathrm{M + 2\,L = ML_2}, puis contrôler le complexe intermédiaire, qui n'est pas forcément négligeable. Complexe seul : le complexe le plus riche perd un ligand, de constante KdnK_{dn}. Un ion ajouté à un complexe d'un autre ion, ou un ligand ajouté à un complexe d'un autre ligand : l'échange, de constante K∘=10ΔpKdK^\circ = 10^{\Delta\mathrm{p}K_d}.
  3. Bilan ou équilibre. Si K∘K^\circ dépasse 10410^4 environ, supposer la réaction quasi totale et faire le bilan avec le réactif limitant : ce seuil se vérifie toujours par le calcul. Sinon, résoudre Qr=K∘Q_r = K^\circ.
  4. Espèce minoritaire. La calculer par la constante, par exemple [M]=[MLn]/(βn[L]n)[\mathrm{M}] = [\mathrm{ML_n}]/(\beta_n[\mathrm{L}]^n), concentrations en mol⋅L−1\mathrm{mol \cdot L^{-1}}.
  5. Vérification. Contrôler le domaine de prédominance, le complexe voisin et la protonation éventuelle du ligand.

Exercice 1 : ions argent et ammoniac en excès

On mélange 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} de nitrate d'argent à 0,020 mol⋅L−10{,}020\ \mathrm{mol \cdot L^{-1}} et 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} d'ammoniac à 0,50 mol⋅L−10{,}50\ \mathrm{mol \cdot L^{-1}}. Déterminer l'état final (log⁡β1=3,3\log\beta_1 = 3{,}3, log⁡β2=7,2\log\beta_2 = 7{,}2, pKa(NH4+/NH3)=9,25\mathrm{p}K_a(\mathrm{NH_4^+/NH_3}) = 9{,}25, pKe=14,0\mathrm{p}K_e = 14{,}0).

Concentrations apportées. Le volume double : [Ag+]0=0,010 mol⋅L−1[\mathrm{Ag^+}]_0 = 0{,}010\ \mathrm{mol \cdot L^{-1}} et [NH3]0=0,25 mol⋅L−1[\mathrm{NH_3}]_0 = 0{,}25\ \mathrm{mol \cdot L^{-1}}. Les ions nitrate sont spectateurs.

Réaction prépondérante. L'ammoniac est en excès, car 0,25>2×0,0100{,}25 > 2 \times 0{,}010 :

Ag+(aq)+2 NH3(aq)=Ag(NH3)2+(aq),K∘=β2=107,2.\mathrm{Ag^+(aq) + 2\,NH_3(aq) = Ag(NH_3)_2^+(aq)}, \qquad K^\circ = \beta_2 = 10^{7{,}2}.

Elle est quasi totale et l'ion argent est limitant.

Bilan. [Ag(NH3)2+]=0,010 mol⋅L−1[\mathrm{Ag(NH_3)_2^+}] = 0{,}010\ \mathrm{mol \cdot L^{-1}} et [NH3]=0,25−2×0,010=0,23 mol⋅L−1[\mathrm{NH_3}] = 0{,}25 - 2 \times 0{,}010 = 0{,}23\ \mathrm{mol \cdot L^{-1}}, soit pNH3=0,64\mathrm{pNH_3} = 0{,}64.

Ion libre.

[Ag+]=0,010107,2×0,232=1,2⋅10−8 mol⋅L−1.[\mathrm{Ag^+}] = \frac{0{,}010}{10^{7{,}2} \times 0{,}23^2} = 1{,}2 \cdot 10^{-8}\ \mathrm{mol \cdot L^{-1}}.

Vérifications. pNH3=0,64\mathrm{pNH_3} = 0{,}64 est loin sous la frontière 3,63{,}6 : le complexe à deux ligands prédomine. Le complexe voisin est négligeable :

[Ag(NH3)+][Ag(NH3)2+]=Kd2 c∘[NH3]=10−3,90,23=5,5⋅10−4.\frac{[\mathrm{Ag(NH_3)^+}]}{[\mathrm{Ag(NH_3)_2^+}]} = \frac{K_{d2}\,c^\circ}{[\mathrm{NH_3}]} = \frac{10^{-3{,}9}}{0{,}23} = 5{,}5 \cdot 10^{-4}.

La protonation aussi : NH3+H2O=NH4++HO−\mathrm{NH_3 + H_2O = NH_4^+ + HO^-}, de constante Ke/Ka=10−4,75K_e/K_a = 10^{-4{,}75}, donne [NH4+]=10−4,75×0,23=2,0⋅10−3 mol⋅L−1[\mathrm{NH_4^+}] = \sqrt{10^{-4{,}75} \times 0{,}23} = 2{,}0 \cdot 10^{-3}\ \mathrm{mol \cdot L^{-1}}, moins de 1 %1\ \% du ligand libre.

Exercice 2 : deux ions métalliques pour l'EDTA

Une solution contient BaY2−\mathrm{BaY^{2-}} à 2,0 mmol⋅L−12{,}0\ \mathrm{mmol \cdot L^{-1}} et Mg2+\mathrm{Mg^{2+}} à 4,0 mmol⋅L−14{,}0\ \mathrm{mmol \cdot L^{-1}}. Déterminer l'état final (log⁡β(BaY2−)=7,8\log\beta(\mathrm{BaY^{2-}}) = 7{,}8, log⁡β(MgY2−)=8,7\log\beta(\mathrm{MgY^{2-}}) = 8{,}7).

Réaction prépondérante. La particule échangée est Y4−\mathrm{Y^{4-}}, et l'accepteur Mg2+\mathrm{Mg^{2+}} (8,78{,}7) est au-dessus du donneur BaY2−\mathrm{BaY^{2-}} (7,87{,}8) :

Mg2+(aq)+BaY2−(aq)=MgY2−(aq)+Ba2+(aq),K∘=100,9=7,9.\mathrm{Mg^{2+}(aq) + BaY^{2-}(aq) = MgY^{2-}(aq) + Ba^{2+}(aq)}, \qquad K^\circ = 10^{0{,}9} = 7{,}9.

Équilibre. La constante est trop faible pour un bilan. Avec xx en mmol⋅L−1\mathrm{mmol \cdot L^{-1}},

x2(4,0−x)(2,0−x)=7,9,soit6,9 x2−47,4 x+63,2=0.\frac{x^2}{(4{,}0 - x)(2{,}0 - x)} = 7{,}9, \qquad \text{soit} \qquad 6{,}9\,x^2 - 47{,}4\,x + 63{,}2 = 0.

La racine 5,065{,}06 dépasse 2,02{,}0 : elle est à écarter, et x=1,81x = 1{,}81.

État final. En mmol⋅L−1\mathrm{mmol \cdot L^{-1}} : [MgY2−]=[Ba2+]=1,81[\mathrm{MgY^{2-}}] = [\mathrm{Ba^{2+}}] = 1{,}81, [BaY2−]=0,19[\mathrm{BaY^{2-}}] = 0{,}19, [Mg2+]=2,19[\mathrm{Mg^{2+}}] = 2{,}19.

Contrôle. Les deux couples donnent le même pY : 8,7+log⁡2,191,81=8,788{,}7 + \log\frac{2{,}19}{1{,}81} = 8{,}78 et 7,8+log⁡1,810,19=8,787{,}8 + \log\frac{1{,}81}{0{,}19} = 8{,}78. Malgré un excès de magnésium, environ 9 %9\ \% du complexe de baryum subsiste : une constante supérieure à 11 ne fait pas une réaction totale.

Trois points à vérifier sur ta copie

  1. Le ligand est bien le ligand libre. Dilue d'abord, retire ensuite nn ligands par ion complexé.
  2. La constante correspond à l'équation écrite. βn\beta_n part de l'ion libre, KfnK_{fn} du complexe précédent, et chaque coefficient devient un exposant.
  3. Les hypothèses sont contrôlées. Complexe voisin, ion libre et protonation du ligand se vérifient par un calcul, pas par une phrase.

Quelles sont les erreurs classiques ?

Questions fréquentes

Pourquoi une constante de formation n'a-t-elle pas d'unité ?

Parce que chaque concentration est divisée par c∘=1 mol⋅L−1c^\circ = 1\ \mathrm{mol \cdot L^{-1}} dans la loi d'action des masses.

Que faire si le ligand est aussi une base ?

En milieu acide, écris une seule réaction bilan, somme de la dissociation du complexe et des protonations du ligand : MLn+n H3O+=M+n LH++n H2O\mathrm{ML_n + n\,H_3O^+ = M + n\,LH^+ + n\,H_2O}, de constante 1/(βnKan)1/(\beta_n K_a^n). Hors milieu acide, comme dans l'exercice 1, il suffit de vérifier que la forme protonée reste négligeable.

Les constantes sont-elles données au concours ?

Oui, les log⁡βi\log\beta_i et les pKa\mathrm{p}K_a sont fournis par l'énoncé. Il faut savoir les définitions, les relations entre constantes et le sens des diagrammes.

Pour aller plus loin

Le sujet CNC MP 2022 de chimie comporte un dosage complexométrique des ions calcium par l'EDTA.

Le chapitre « Réactions de complexation » de chimie de première année, pour MPSI, PCSI et TSI au Maroc, reprend les compétitions entre ligands, l'effet du pH et le dosage de la dureté de l'eau, avec plus de vingt-cinq exercices corrigés ; sa page publique montre un extrait et le plan. Il s'ouvre en entier avec l'essai gratuit. Pour une question sur un exercice ou pour demander l'accès complet, tu peux écrire sur WhatsApp.

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