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Droits subjectifs, actes et faits juridiques, preuve (cours de droit marocain, méthodes et exercices corrigés pour l'ECS1 et l'ECT1)

Droits patrimoniaux et extrapatrimoniaux, actes et faits juridiques, charge et objet de la preuve, régimes et procédés de preuve.

Les nombres sont ceux du chapitre complet ; chaque filière voit la partie qui correspond à son programme.

Un prêt sans écrit, un mur tombé sur une voiture, une commande passée par téléphone : qui doit prouver, et comment ? Ce chapitre suit le thème 2.1 du module 1.2 de l'ECS1 et le thème 4.1 du module 1.4 de l'ECT1, et il les lit dans les textes marocains : le DOC, la loi 39-08 sur les droits réels, le code de commerce, le code du travail et la loi 58.25 sur la procédure civile. Il définit le droit subjectif et classe les droits : patrimoniaux et extrapatrimoniaux, réels et personnels (loi 39-08, art. 8 à 11), intellectuels. Il distingue l'acte juridique et le fait juridique (DOC, art. 1). Il enseigne la charge de la preuve (DOC, art. 399 et 400), l'objet de la preuve (art. 403) et les régimes de preuve : le seuil de 10 000 DH (art. 443), les exceptions des art. 447 et 448, la preuve en matière commerciale (code de commerce, art. 334), le contrat de travail (code du travail, art. 18) et l'acte authentique pour l'immeuble (loi 39-08, art. 4). Pour l'ECT1, il détaille l'aveu, l'écrit, la signature électronique, les témoins, les présomptions et le serment. Tu y trouves sept méthodes communes, dont dire qui doit prouver quoi et déterminer le régime de preuve, trois méthodes de plus en ECT1, des exercices corrigés et des sujets réels de l'ISCAE et du CNAEM, corrigés en droit d'aujourd'hui.

Ce que tu sauras faire

Avoir un droit ne suffit pas : il faut pouvoir le faire reconnaître. Ce chapitre va de la naissance du droit à sa preuve. À la fin du chapitre, tu dois savoir :

En ECT1, tu dois aussi présenter chaque procédé de preuve et mesurer sa force : aveu, écrit, témoins, présomptions, serment.

L’essentiel du chapitre Extrait gratuit

Un extrait de la fiche « L'essentiel » du chapitre. Les démonstrations sont dans le cours détaillé.

À retenir Définitions
  • Droit subjectif : prérogative reconnue à une personne par le droit objectif.
  • Droit patrimonial : évaluable en argent. Droit extrapatrimonial : hors du patrimoine.
  • Droit réel : pouvoir direct sur une chose. Droit personnel : droit d'exiger une prestation d'un débiteur.
  • Acte juridique : volonté faite pour produire des effets de droit. Fait juridique : événement dont la loi fixe les effets.
  • Régime de preuve : les moyens admis pour prouver un point donné.
  • Commencement de preuve par écrit : écrit venant de l'adversaire, qui rend le fait vraisemblable.
À retenir Droit réel et droit personnel
Droit réel Droit personnel
Objet une chose une prestation
Opposé à tous le débiteur
Création liste légale pour l'immeuble (loi 39-08, art. 11) libre
Droit de suite oui non
À retenir Acte ou fait : deux questions
  1. Y a-t-il une volonté ?
  2. Cette volonté visait-elle les effets de droit ?

Oui aux deux : acte juridique. Sinon : fait juridique (DOC, art. 1).

À retenir Qui prouve ?
Étape Texte
Celui qui se prévaut de l'obligation DOC, art. 399
Celui qui affirme qu'elle est éteinte ou inopposable DOC, art. 400
Présomption légale : dispense de preuve DOC, art. 453
Licenciement : justification par l'employeur code du travail, art. 63
Vente à distance : charge sur le fournisseur loi 31-08, art. 34
À retenir Quel régime ?
Situation Régime Texte
Forme imposée ou convenue cette forme DOC, art. 401, 402
Droit réel immobilier acte authentique, à peine de nullité loi 39-08, art. 4
Acte au-delà de 10 000 DH écrit, pas de témoins DOC, art. 443
Entre les parties, contre ou outre un écrit pas de témoins, même sous le seuil DOC, art. 444
Fait juridique tous moyens DOC, art. 448, 2°
Commerce libre, sauf loi ou convention code de commerce, art. 334
Existence du contrat de travail tous moyens code du travail, art. 18
Exceptions commencement de preuve, titre perdu, erreur matérielle DOC, art. 447, 448
À retenir Vingt et un articles à connaître

DOC : 1 (sources), 94 (abus de droit), 399 et 400 (charge), 401 et 402 (forme), 403 (preuve impossible), 404 (moyens), 443 (seuil), 444, 445, 446 (limites des témoins), 447 (commencement de preuve), 448 (exceptions), 453 et 454 (présomptions).

Loi 39-08 : 4 (acte authentique), 8 (droit réel), 11 (liste fermée). Code de commerce : 334. Code du travail : 18.

Une méthode du chapitre Extrait gratuit

Un exercice corrigé Extrait gratuit

Dans le chapitre complet

Le cours détaillé, toute la fiche « L'essentiel », 10 méthodes, 20 pièges corrigés, la carte mentale, 44 exercices corrigés, 6 problèmes de concours, les fiches à mémoriser et l'assistant qui répond à tes questions. Ce chapitre est offert : il s’ouvre en entier avec un compte d’essai gratuit.

Ouvrir l'essai gratuit

Plan du cours

Les méthodes du chapitre

Chaque méthode est une fiche : quand l'utiliser, le rappel de cours, les étapes, la rédaction attendue sur la copie, un exemple traité, les erreurs à éviter.

  1. Qualifier un droit : patrimonial ou non, réel ou personnel
  2. Distinguer acte et fait : la volonté, puis les effets
  3. Dire qui doit prouver quoi, étape par étape
  4. Déterminer le régime de preuve : texte spécial, acte ou fait, valeur, exception
  5. Vérifier un commencement de preuve par écrit : trois conditions
  6. Répondre à un sujet de cours de 30 lignes
  7. Rédiger un conseil de preuve en syllogisme
  8. Vérifier un écrit : nature, signature, date, support
  9. Choisir un procédé et mesurer sa force
  10. Préparer sa preuve avant le litige : conseil à une entreprise

Les exercices corrigés

Chaque exercice a ses indications, sa correction rédigée et ce qu'il faut en retenir.

Application directe (18)

Entraînement (20)

Approfondissement (6)

Les problèmes de concours

Des extraits de sujets réels, corrigés en entier, avec la durée conseillée et les méthodes mobilisées.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un droit subjectif ?

Un droit subjectif est une prérogative reconnue à une personne, son titulaire, par le droit objectif, et dont elle peut demander le respect en justice : le droit d'être payé, le droit d'être propriétaire. Aucun texte marocain ne le définit ni ne pose sa classification, qui vient de la doctrine. Les droits patrimoniaux ont une valeur en argent et font partie du patrimoine : droits réels, droits personnels, droits intellectuels. Les droits extrapatrimoniaux protègent la personne, sa famille ou sa place dans la cité : nom, honneur, vie privée (Constitution, art. 24), droit de vote. Ils ne se vendent pas, mais une atteinte peut ouvrir droit à des dommages-intérêts.

Quelle différence entre un droit réel et un droit personnel ?

Le droit réel immobilier est un pouvoir direct que la loi donne à une personne sur un immeuble déterminé (loi 39-08, art. 8). Il est principal, comme la propriété ou l'usufruit (art. 9), ou accessoire, comme l'hypothèque, qui repose sur un droit personnel qu'il garantit (art. 10). Sa liste est fermée : aucun autre droit réel ne peut être créé que par la loi (art. 11). Le droit personnel permet à un créancier d'exiger d'un débiteur une prestation : donner, faire ou ne pas faire. Il se crée librement, par contrat notamment, et il s'exerce contre le débiteur. Le droit de suite et le droit de préférence sont des notions de doctrine.

Quelle différence entre un acte juridique et un fait juridique ?

Un acte juridique est une manifestation de volonté faite pour produire des effets de droit : un contrat, une promesse de récompense. Un fait juridique est un événement, voulu ou non, auquel la loi attache des effets que son auteur n'a pas recherchés : un accident, un paiement fait par erreur. Deux questions suffisent : y a-t-il une volonté, et visait-elle les effets de droit ? Le voleur veut prendre la chose, mais il ne veut pas devoir la rendre : son geste reste un fait. Le DOC, art. 1, place d'un côté les conventions et déclarations de volonté, de l'autre les quasi-contrats, les délits et les quasi-délits. Cette distinction commande la preuve.

Qui doit prouver au Maroc : la charge de la preuve

La preuve de l'obligation doit être faite par celui qui s'en prévaut (DOC, art. 399). Quand elle est prouvée, celui qui affirme qu'elle est éteinte ou qu'elle ne lui est pas opposable doit le prouver (art. 400). La charge suit donc celui qui affirme, et non la place au procès. La présomption légale dispense de preuve celui au profit duquel elle existe (art. 453). Des textes spéciaux fixent aussi la charge : la justification du licenciement par un motif acceptable incombe à l'employeur (code du travail, art. 63) ; dans la vente à distance, la charge incombe au fournisseur pour les points de la loi 31-08, art. 34.

Quel est le seuil de preuve par écrit au Maroc ?

10 000 DH. Les conventions et autres actes juridiques qui excèdent cette somme ne peuvent être prouvés par témoins : il faut un acte authentique ou sous seing privé, éventuellement électronique (DOC, art. 443). Le français du DOC écrit « faits juridiques », mais l'arabe, qui fait foi, dit « الأفعال القانونية », des actes. Le seuil ne vise donc pas les faits, comme un accident (art. 448, 2°). Sous le seuil, on ne prouve pas non plus par témoins contre un écrit (art. 444). Réduire sa demande (art. 445) ou réclamer une fraction déclarée d'une créance plus forte non écrite (art. 446) ne permet pas de contourner la règle.

Qu'est-ce qu'un commencement de preuve par écrit ?

C'est tout écrit qui rend vraisemblable le fait allégué, et qui est émané de celui auquel on l'oppose, de son auteur ou de celui qui le représente (DOC, art. 447). Trois conditions : un écrit, venant de l'adversaire, qui rend le fait vraisemblable. Il ouvre la preuve par témoins pour un acte de plus de 10 000 DH, sans prouver l'acte à lui seul. Une lettre signée de l'emprunteur qui parle de rendre une somme peut en être un ; une note écrite par le prêteur lui-même, non. D'autres exceptions existent à l'art. 448 : titre perdu par cas fortuit, force majeure ou vol, erreur matérielle dans l'acte, impossibilité de se procurer un écrit.

La preuve est-elle libre en matière commerciale et en droit du travail ?

En matière commerciale, la preuve est libre, mais elle doit être rapportée par écrit quand la loi ou la convention l'exigent (code de commerce, art. 334). Entre deux sociétés commerciales, une commande orale de 60 000 DH se prouve par tous moyens, mais une clause d'écrit change la réponse, même pour 5 000 DH. La comptabilité régulière fait preuve entre commerçants pour les faits de commerce (art. 19). En droit du travail, la preuve de l'existence du contrat peut être rapportée par tous les moyens (code du travail, art. 18). À l'inverse, le transfert d'un immeuble exige un acte authentique, sous peine de nullité, sauf disposition spéciale contraire (loi 39-08, art. 4).

Quels sont les moyens de preuve en droit marocain ?

L'art. 404 du DOC en cite cinq : l'aveu de la partie, la preuve littérale ou écrite, la preuve testimoniale, la présomption, le serment et le refus de le prêter. Le DOC ne pose pas de hiérarchie générale entre eux. L'écrit électronique a la même force que l'écrit sur papier, si son auteur est identifié et son intégrité garantie (art. 417-1). Les règles du serment sont dans la loi 58.25 : le serment décisoire, demandé par une partie, ne peut être déféré à une personne morale (art. 149) ; le serment supplétoire est demandé d'office par le tribunal (art. 151). Le détail de chaque moyen est propre à l'ECT1 ; le programme de l'ECS1 demande les régimes de preuve.

Comment y accéder

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