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Prepa Help › Cours › Mathématiques, 1re année

Suites récurrentes : intervalle stable, point fixe, monotonie, convergence et vitesse de convergence

Suites définies par u(n+1) = f(u(n)) : intervalle stable, points fixes, lecture graphique en escalier et en escargot, limite et continuité, monotonie selon que f est croissante ou décroissante, cycle d'ordre 2, convergence par l'inégalité des accroissements finis, points fixes attractifs et répulsifs, vitesse de convergence lente, géométrique ou quadratique, méthode de Héron, suites définies implicitement ; selon la classe, fonctions contractantes et méthode de Newton.

Les nombres sont ceux du chapitre complet ; chaque filière voit la partie qui correspond à son programme.

Une suite récurrente est définie par un premier terme u0u_0 et la relation un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) : chaque terme est l'image du précédent par la même fonction. Le chapitre montre comment justifier que la suite est définie (intervalle stable), trouver ses limites possibles parmi les points fixes de ff, étudier sa monotonie selon que ff est croissante ou décroissante, prouver la convergence et majorer l'erreur par l'inégalité des accroissements finis, comparer des vitesses de convergence (lente, géométrique, quadratique, avec la méthode de Héron) et étudier une suite définie implicitement. Il est au programme de MPSI, PCSI et TSI au Maroc et de MPSI, MP2I, PCSI et PTSI en France ; la méthode de Newton et le vocabulaire des fonctions contractantes n'y sont étudiés que dans certaines classes. Ces suites reviennent dans de nombreux sujets d'analyse du CNC et des concours français.

Ce que tu sauras faire

Ce chapitre étudie les suites définies par u0u_0 et un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n), celles que l'on obtient en répétant un même calcul. À la fin, tu dois savoir :

L’essentiel du chapitre Extrait gratuit

Un extrait de la fiche « L'essentiel » du chapitre. Les démonstrations sont dans le cours détaillé.

À retenir Suite bien définie, points fixes
  • JJ est stable par ff si f(J)⊂Jf(J) \subset J. Si JJ est stable et u0∈Ju_0 \in J, alors (un)(u_n) est définie et un∈Ju_n \in J pour tout nn (récurrence à rédiger, initialisée au rang 00).
  • ℓ\ell est un point fixe si f(ℓ)=ℓf(\ell) = \ell : abscisse d'un point commun à la courbe de ff et à la droite y=xy = x ; zéro de f−Idf - \mathrm{Id}.
  • Ne pas confondre un=f(n)u_n = f(n), un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) et un+1=fn(un)u_{n+1} = f_n(u_n).
À retenir Limite et point fixe
  • Si un→ℓ∈Ju_n \to \ell \in J et ff est continue en ℓ\ell, alors f(ℓ)=ℓf(\ell) = \ell. Il faut savoir que la suite converge avant de passer à la limite.
  • Sur un segment stable où ff est continue, une limite éventuelle est un point fixe dans le segment. Si JJ n'est pas fermé, la limite peut sortir de JJ.
  • Croissante, sans point fixe accessible au-delà de u0u_0 : un→+∞u_n \to +\infty (par l'absurde).
À retenir Monotonie
  • Signe de f(x)−xf(x) - x sur un intervalle stable : positif, suite croissante ; négatif, suite décroissante.
  • ff croissante sur JJ stable : (un)(u_n) est monotone, croissante si u0≤u1u_0 \leq u_1, décroissante si u0≥u1u_0 \geq u_1. Le sens dépend de la position de u0u_0 par rapport aux points fixes, pas du sens de ff.
  • ff décroissante sur JJ stable : f∘ff \circ f est croissante ; (u2n)(u_{2n}) et (u2n+1)(u_{2n+1}) sont monotones de sens contraires. Même limite : la suite converge et ℓ\ell est encadré par deux termes consécutifs. Limites différentes : cycle d'ordre 2.
  • Les points fixes de ff sont points fixes de f∘ff \circ f ; la réciproque est fausse : trier les solutions de f(f(x))=xf(f(x)) = x.
Hypothèse sur ff (sur JJ stable) Ce qu'on sait de (un)(u_n) Outil
f(x)−x≥0f(x) - x \geq 0 croissante différence un+1−unu_{n+1} - u_n
ff croissante monotone, sens selon u0u_0 et u1u_1 récurrence
ff décroissante suites extraites monotones, de sens contraires f∘ff \circ f
∣f′∣≤k<1\lvert f'\rvert \leq k < 1, ℓ∈J\ell \in J converge vers ℓ\ell, erreur au plus kn∣u0−ℓ∣k^n\lvert u_0 - \ell\rvert inégalité des accroissements finis
À retenir Convergence géométrique
  • JJ stable, ℓ∈J\ell \in J point fixe, ff dérivable sur JJ avec ∣f′∣≤k<1\lvert f'\rvert \leq k < 1 sur JJ : ∣un+1−ℓ∣≤k∣un−ℓ∣\lvert u_{n+1} - \ell\rvert \leq k\lvert u_n - \ell\rvert, ∣un−ℓ∣≤kn∣u0−ℓ∣\lvert u_n - \ell\rvert \leq k^n\lvert u_0 - \ell\rvert, et ℓ\ell est le seul point fixe dans JJ.
  • La constante kk est la même pour tous les points ; la borne vaut sur un intervalle stable qui contient ℓ\ell.
  • Rang pour une précision ε\varepsilon : knD≤εk^nD \leq \varepsilon, où D≥∣u0−ℓ∣D \geq \lvert u_0 - \ell\rvert. Le rang réel est souvent plus petit.
  • Estimation a posteriori : ∣un−ℓ∣≤k1−k∣un−un−1∣\lvert u_n - \ell\rvert \leq \frac{k}{1 - k}\lvert u_n - u_{n-1}\rvert ; test d'arrêt sûr.

Une méthode du chapitre Extrait gratuit

Un exercice corrigé Extrait gratuit

Dans le chapitre complet

Le cours détaillé, toute la fiche « L'essentiel », 15 méthodes, 20 pièges corrigés, la carte mentale, 32 exercices corrigés, 5 problèmes de concours, les fiches à mémoriser et l'assistant qui répond à tes questions. Les trois premiers chapitres de chaque matière sont offerts avec un compte d’essai gratuit.

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Plan du cours

Les méthodes du chapitre

Chaque méthode est une fiche : quand l'utiliser, le rappel de cours, les étapes, la rédaction attendue sur la copie, un exemple traité, les erreurs à éviter.

  1. Justifier que la suite est définie : trouver un intervalle stable
  2. Faire la figure, conjecturer, repérer les points fixes
  3. Trouver les limites possibles et choisir la bonne
  4. Étudier la monotonie par le signe de f(x)−xf(x) - x
  5. Étudier une suite quand ff est croissante
  6. Étudier une suite quand ff est décroissante
  7. Montrer qu'une suite tend vers l'infini
  8. Prouver la convergence par l'inégalité des accroissements finis
  9. Trouver un rang qui assure une précision donnée
  10. Reconnaître un point fixe attractif ou répulsif
  11. Se ramener à une suite usuelle par un changement d'inconnue
  12. Montrer une convergence quadratique et compter les décimales
  13. Étudier une suite définie implicitement
  14. Appliquer la méthode de Newton dans un cas simple
  15. Justifier la convergence de Newton par la convexité

Les exercices corrigés

Chaque exercice a ses indications, sa correction rédigée et ce qu'il faut en retenir.

Application directe (12)

Entraînement (15)

Approfondissement (5)

Les problèmes de concours

Des extraits de sujets réels, corrigés en entier, avec la durée conseillée et les méthodes mobilisées.

Questions fréquentes

Comment montrer qu'une suite récurrente est bien définie ?

On cherche un intervalle stable JJ qui contient u0u_0, c'est-à-dire tel que f(J)⊂Jf(J) \subset J, puis on montre par récurrence, initialisée au rang 00, que un∈Ju_n \in J pour tout nn. Une récurrence dite « évidente » ne suffit pas. Sans intervalle stable, la suite peut cesser d'exister : avec u0=2u_0 = 2 et un+1=ln⁡unu_{n+1} = \ln u_n, on trouve u2=ln⁡(ln⁡2)<0u_2 = \ln(\ln 2) < 0, et u3u_3 n'est pas défini.

Comment trouver la limite d'une suite u(n+1) = f(u(n)) ?

Si la suite converge vers un réel ℓ\ell de l'intervalle où l'on travaille et si ff est continue en ℓ\ell, alors f(ℓ)=ℓf(\ell) = \ell : la limite est un point fixe de ff. Il faut d'abord établir la convergence, par exemple par la monotonie, puis situer la limite et choisir le bon point fixe. Passer à la limite avant de savoir que la suite converge mène à des erreurs : pour un+1=2unu_{n+1} = 2u_n et u0=1u_0 = 1, « ℓ=2ℓ\ell = 2\ell » donnerait 00, alors que un=2nu_n = 2^n tend vers +∞+\infty.

Si f est croissante, la suite est-elle croissante ?

Pas forcément. Si ff est croissante sur un intervalle stable, la suite est monotone : croissante si u0≤u1u_0 \leq u_1, décroissante si u0≥u1u_0 \geq u_1. Le sens dépend de la position de u0u_0 par rapport aux points fixes, ou du signe de f(x)−xf(x) - x. Avec f(x)=2x+3f(x) = \sqrt{2x + 3}, la suite issue de 00 croît vers 33, celle issue de 66 décroît vers 33.

Que faire quand f est décroissante ?

En général, la suite n'est pas monotone : ses termes alternent autour d'un point fixe (escargot). Sur un intervalle stable, la fonction f∘ff \circ f est croissante, et les suites (u2n)(u_{2n}) et (u2n+1)(u_{2n+1}) sont monotones, de sens contraires. Si elles ont la même limite, la suite converge et sa limite est encadrée par deux termes consécutifs ; sinon, elle s'approche d'un cycle d'ordre 2. Quand on résout f(f(x))=xf(f(x)) = x, il faut trier les solutions : toutes ne sont pas des points fixes de ff.

Comment prouver la convergence avec l'inégalité des accroissements finis ?

Si JJ est un intervalle stable qui contient u0u_0 et un point fixe ℓ\ell et si ∣f′(x)∣≤k<1\lvert f'(x)\rvert \leq k < 1 pour tout x∈Jx \in J, l'inégalité des accroissements finis donne ∣un+1−ℓ∣≤k∣un−ℓ∣\lvert u_{n+1} - \ell\rvert \leq k\lvert u_n - \ell\rvert, puis ∣un−ℓ∣≤kn∣u0−ℓ∣\lvert u_n - \ell\rvert \leq k^n\lvert u_0 - \ell\rvert : la suite converge vers ℓ\ell, qui est le seul point fixe de ff dans JJ. La constante kk doit être la même pour tous les points : une dérivée de valeur absolue strictement inférieure à 11 en chaque point ne suffit pas.

Qu'est-ce que la vitesse de convergence d'une suite récurrente ?

Elle mesure le nombre d'itérations nécessaires pour une précision donnée. Une convergence géométrique vérifie ∣un−ℓ∣≤Ckn\lvert u_n - \ell\rvert \leq Ck^n avec k<1k < 1 ; une convergence quadratique vérifie ∣un+1−ℓ∣≤λ∣un−ℓ∣2\lvert u_{n+1} - \ell\rvert \leq \lambda\lvert u_n - \ell\rvert^2, et le nombre de décimales exactes double à peu près à chaque pas ; une convergence lente, comme celle de un+1=sin⁡unu_{n+1} = \sin u_n vers 00, n'admet aucune majoration géométrique. Pour une précision ε\varepsilon, on cherche nn tel que knD≤εk^nD \leq \varepsilon, où DD majore ∣u0−ℓ∣\lvert u_0 - \ell\rvert.

Qu'est-ce que la méthode de Héron ?

Pour approcher a\sqrt a, avec a>0a > 0, on itère xn+1=12(xn+axn)x_{n+1} = \frac12\left(x_n + \frac{a}{x_n}\right) à partir de x0>0x_0 > 0. L'identité xn+1−a=(xn−a)22xnx_{n+1} - \sqrt a = \frac{(x_n - \sqrt a)^2}{2x_n} montre que xn≥ax_n \geq \sqrt a dès n≥1n \geq 1, que la suite décroît ensuite et que la convergence est quadratique. Avec a=5a = 5 et x0=2x_0 = 2, x3=5184123184x_3 = \frac{51841}{23184} approche 5\sqrt5 à moins de 10−910^{-9} près.

Un point fixe attire-t-il toujours les termes de la suite ?

Non. Si ff est de classe C1C^1 près du point fixe ℓ\ell et si ∣f′(ℓ)∣<1\lvert f'(\ell)\rvert < 1, le point fixe est attractif : les suites qui en partent assez près y convergent. Si ∣f′(ℓ)∣>1\lvert f'(\ell)\rvert > 1, il est répulsif : seule une suite stationnaire, égale à ℓ\ell à partir d'un certain rang, converge vers lui. Pour f(x)=x2f(x) = x^2, le point fixe 00 attire, le point fixe 11 repousse ; si ∣f′(ℓ)∣=1\lvert f'(\ell)\rvert = 1, il faut une étude directe.

Comment y accéder

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