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Séries numériques : critères et exercices corrigés MP PSI

Publié le 31 octobre 2026 · 7 min de lecture

Une série ∑un\sum u_n converge si la suite de ses sommes partielles Sn=∑k≤nukS_n = \sum_{k \leq n} u_k a une limite finie. Condition nécessaire : si unu_n ne tend pas vers 00, la série diverge grossièrement, mais un→0u_n \to 0 ne suffit pas, comme le montre ∑1n\sum \frac{1}{n}. Les séries de référence sont la série géométrique ∑qn\sum q^n, qui converge si et seulement si ∣q∣<1|q| < 1, et la série de Riemann ∑n≥11nα\sum_{n \geq 1} \frac{1}{n^\alpha}, qui converge si et seulement si α>1\alpha > 1 ; pour une série à termes positifs, on compare le terme général à l'une d'elles, par une inégalité ou par un équivalent.

Ce qui suit vaut en MP, MPI, PC, PSI, PT, TSI2 et TPC2. Le programme marocain de l'ECT2 est plus restreint : sommes partielles, condition nécessaire, séries géométrique et exponentielle, convergence absolue ; les critères de comparaison, Riemann, d'Alembert et le critère des séries alternées n'y figurent pas. L'exercice 2 convient à toutes les classes.

Quels sont les critères de convergence ?

Critère Hypothèses exactes Conclusion ECT2
Divergence grossière aucune un↛0u_n \not\to 0 : la série diverge oui
Série géométrique qq fixé converge si et seulement si ∣q∣<1\lvert q\rvert < 1, et ∑n=0+∞qn=11−q\sum_{n=0}^{+\infty} q^n = \frac{1}{1 - q} oui (qq réel)
Série exponentielle xx réel converge et ∑n=0+∞xnn!=ex\sum_{n=0}^{+\infty} \frac{x^n}{n!} = e^x oui (admis)
Comparaison 0≤un≤vn0 \leq u_n \leq v_n à partir d'un rang ∑vn\sum v_n converge implique ∑un\sum u_n converge (et contraposée) non
Équivalence unu_n, vnv_n positifs à partir d'un rang, un∼vnu_n \sim v_n même nature non
Riemann α\alpha réel ∑n≥11nα\sum_{n \geq 1} \frac{1}{n^\alpha} converge si et seulement si α>1\alpha > 1 non
D'Alembert un>0u_n > 0 à partir d'un rang, un+1un→ℓ\frac{u_{n+1}}{u_n} \to \ell ℓ<1\ell < 1 : converge ; ℓ>1\ell > 1 : diverge grossièrement ; ℓ=1\ell = 1 : on ne conclut pas non
Série et intégrale ff continue (par morceaux selon le programme), positive, décroissante sur [n0,+∞[[n_0, +\infty[ ∑f(n)\sum f(n) et ∫n0+∞f\int_{n_0}^{+\infty} f ont même nature non
Convergence absolue ∑∣un∣\sum \lvert u_n\rvert converge ∑un\sum u_n converge oui
Critère spécial série alternée, (∣un∣)(\lvert u_n\rvert) décroissante de limite nulle converge, et le reste vérifie ∣Rn∣≤∣un+1∣\lvert R_n\rvert \leq \lvert u_{n+1}\rvert non

Nuances de programme : en TSI2 de France et en TPC2, la relation OO n'est pas citée, on écrit 0≤un≤Mvn0 \leq u_n \leq M v_n ; en MP, MPI, PC, PSI et PT de France, la comparaison série-intégrale se rédige par l'encadrement ∫kk+1f≤f(k)≤∫k−1kf\int_k^{k+1} f \leq f(k) \leq \int_{k-1}^k f ; en TPC2, la majoration du reste alterné se redémontre par les suites adjacentes.

Dans quel ordre essayer les critères ?

  1. Divergence grossière. Chercher la limite de unu_n. Si elle n'est pas nulle, ou n'existe pas, la série diverge.
  2. Somme exacte. Si le terme est géométrique, exponentiel ou télescopique (un=an+1−anu_n = a_{n+1} - a_n), calculer SnS_n et passer à la limite.
  3. Signe du terme général. S'il est positif à partir d'un rang, chercher un équivalent simple et comparer à Riemann ou à une série géométrique ; avec un logarithme, montrer nαun→0n^\alpha u_n \to 0 pour un α>1\alpha > 1.
  4. Factorielles et puissances nn-ièmes. Appliquer d'Alembert. Pour une fraction rationnelle en nn, le rapport tend toujours vers 11 : revenir à Riemann.
  5. Terme f(n)f(n) difficile à comparer, comme 1nln⁡n\frac{1}{n \ln n} : comparer à une intégrale, ff décroissante.
  6. Signe quelconque. Tester la convergence absolue, puis le critère spécial si la série est alternée, sinon développer unu_n jusqu'à un reste absolument convergent.

En ECT2, les étapes 1 et 2 et la convergence absolue (avec ∣un∣|u_n| géométrique ou exponentiel) couvrent le programme.

Exercice 1 : quatre natures de séries (spé)

Déterminer la nature des séries de termes généraux suivants. a) un=n2+1n4+3nu_n = \frac{n^2 + 1}{n^4 + 3n} (n≥1n \geq 1). b) vn=an n!nnv_n = \frac{a^n\, n!}{n^n}, selon le réel a>0a > 0. c) wn=n+1−nw_n = \sqrt{n + 1} - \sqrt n. d) xn=(−1)nln⁡nnx_n = (-1)^n \frac{\ln n}{n} (n≥2n \geq 2).

a) Équivalent. Le terme est positif et un∼1n2u_n \sim \frac{1}{n^2}, terme d'une série de Riemann convergente (α=2>1\alpha = 2 > 1) : ∑un\sum u_n converge.

b) D'Alembert. vn>0v_n > 0 et vn+1vn=an+1(n+1)!(n+1)n+1⋅nnan n!=a(nn+1)n=a(1+1n)n.\frac{v_{n+1}}{v_n} = \frac{a^{n+1} (n + 1)!}{(n + 1)^{n+1}} \cdot \frac{n^n}{a^n\, n!} = a \Big(\frac{n}{n + 1}\Big)^n = \frac{a}{\big(1 + \frac{1}{n}\big)^n}. Or nln⁡(1+1n)→1n \ln\big(1 + \frac{1}{n}\big) \to 1, donc le rapport tend vers ae\frac{a}{e}. Si a<ea < e, la série converge ; si a>ea > e, elle diverge grossièrement. Si a=ea = e, la règle ne conclut pas ; mais ln⁡(1+t)<t\ln(1 + t) < t pour t>0t > 0 donne (1+1n)n<e\big(1 + \frac{1}{n}\big)^n < e, donc vn+1vn>1\frac{v_{n+1}}{v_n} > 1 : la suite (vn)(v_n) croît, ne tend pas vers 00, et la série diverge grossièrement.

c) Télescopage. ∑k=1nwk=n+1−1→+∞\sum_{k=1}^n w_k = \sqrt{n + 1} - 1 \to +\infty : la série diverge. Autre voie : wn=1n+1+n∼12n>0w_n = \frac{1}{\sqrt{n + 1} + \sqrt n} \sim \frac{1}{2\sqrt n} > 0, Riemann avec α=12\alpha = \frac12.

d) Série alternée. Pour f(t)=ln⁡ttf(t) = \frac{\ln t}{t}, f′(t)=1−ln⁡tt2<0f'(t) = \frac{1 - \ln t}{t^2} < 0 sur ]e,+∞[]e, +\infty[ : (ln⁡nn)\big(\frac{\ln n}{n}\big) décroît à partir de n=3n = 3 et tend vers 00. Par le critère spécial, ∑n≥3xn\sum_{n \geq 3} x_n converge, donc ∑xn\sum x_n aussi. Elle ne converge pas absolument, car ln⁡nn≥1n\frac{\ln n}{n} \geq \frac{1}{n} pour n≥3n \geq 3 et la série harmonique diverge.

Exercice 2 : trois sommes exactes (toutes classes, ECT2 comprise)

Justifier la convergence et calculer : A=∑k=1+∞2k+(−1)k3kA = \sum_{k=1}^{+\infty} \frac{2^k + (-1)^k}{3^k}, B=∑k=0+∞(k+1) 2kk!B = \sum_{k=0}^{+\infty} \frac{(k + 1)\, 2^k}{k!}, C=∑k=2+∞2k2−1C = \sum_{k=2}^{+\infty} \frac{2}{k^2 - 1}.

Somme AA. Les séries géométriques de raisons 23\frac23 et −13-\frac13 convergent (∣q∣<1|q| < 1). Par linéarité, et avec « premier terme sur un moins la raison » : A=2/31−2/3+−1/31+1/3=2−14=74.A = \frac{2/3}{1 - 2/3} + \frac{-1/3}{1 + 1/3} = 2 - \frac14 = \frac74.

Somme BB. On sépare (k+1)2kk!=k 2kk!+2kk!\frac{(k + 1) 2^k}{k!} = \frac{k\, 2^k}{k!} + \frac{2^k}{k!}. Le terme k=0k = 0 de la première est nul ; pour k≥1k \geq 1, k 2kk!=2k(k−1)!\frac{k\, 2^k}{k!} = \frac{2^k}{(k - 1)!}, et le décalage j=k−1j = k - 1 donne ∑k=1+∞2k(k−1)!=2∑j=0+∞2jj!=2e2.\sum_{k=1}^{+\infty} \frac{2^k}{(k - 1)!} = 2 \sum_{j=0}^{+\infty} \frac{2^j}{j!} = 2e^2. Les deux séries convergent, donc B=2e2+e2=3e2≈22,17B = 2e^2 + e^2 = 3e^2 \approx 22{,}17.

Somme CC. Pour k≥2k \geq 2, 2k2−1=1k−1−1k+1\frac{2}{k^2 - 1} = \frac{1}{k - 1} - \frac{1}{k + 1}. Décalage de 22 : il reste deux termes au début et deux à la fin. ∑k=2n2k2−1=1+12−1n−1n+1→n→+∞32.\sum_{k=2}^n \frac{2}{k^2 - 1} = 1 + \frac12 - \frac1n - \frac{1}{n + 1} \xrightarrow[n \to +\infty]{} \frac32. La série converge et C=32C = \frac32.

Quelles sont les erreurs classiques ?

Questions fréquentes

Quand une série de Riemann converge-t-elle ?

La série ∑n≥11nα\sum_{n \geq 1} \frac{1}{n^\alpha} converge si et seulement si α>1\alpha > 1. Ainsi ∑1n2\sum \frac{1}{n^2} converge, ∑1n\sum \frac{1}{\sqrt n} et ∑1n\sum \frac1n divergent.

Quand utiliser la règle de d'Alembert ?

Pour un terme strictement positif à partir d'un rang, avec factorielles ou puissances nn-ièmes, comme 2nn!\frac{2^n}{n!}. Si un+1un→ℓ<1\frac{u_{n+1}}{u_n} \to \ell < 1, la série converge ; si ℓ>1\ell > 1, elle diverge grossièrement ; si ℓ=1\ell = 1, la règle ne dit rien.

Quelle différence entre convergence et convergence absolue ?

La convergence de ∑∣un∣\sum |u_n| entraîne celle de ∑un\sum u_n. La réciproque est fausse : ∑(−1)nn\sum \frac{(-1)^n}{n} converge, alors que ∑1n\sum \frac1n diverge.

Une série alternée converge-t-elle toujours ?

Non. Le critère spécial demande que (∣un∣)(|u_n|) décroisse et tende vers 00. Sans la décroissance, la série peut diverger, comme ∑n≥2(−1)nn+(−1)n\sum_{n \geq 2} \frac{(-1)^n}{\sqrt n + (-1)^n}.

Pour aller plus loin

Le chapitre « Séries numériques et vectorielles » de maths spé va jusqu'à la constante d'Euler et, selon les filières, à la formule de Stirling ou au produit de Cauchy ; sa page publique montre un extrait et le plan. Le chapitre de l'ECT2, « Sommes finies et séries numériques », fait partie des chapitres offerts : voir sa page publique. L'essai gratuit donne accès aux chapitres offerts. Pour une question ou l'accès complet, écris sur WhatsApp.

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