Prepa Help
Prepa Help › Cours › Mathématiques, 2e année, voie économique

Couples de variables aléatoires finies en prépa ECT et ECG : loi conjointe, covariance, corrélation, exercices corrigés

Loi conjointe et lois marginales d'un couple de variables finies, lois conditionnelles, indépendance, espérance d'une somme et d'un produit, covariance et coefficient de corrélation, variance d'une somme, simulation en Python.

Les nombres sont ceux du chapitre complet ; chaque filière voit la partie qui correspond à son programme.

La loi d'un couple (X,Y)(X, Y) de variables aléatoires finies est la donnée des probabilités P([X=x]∩[Y=y])P([X = x] \cap [Y = y]), rangées dans un tableau dont la somme vaut 11 ; les lois marginales s'obtiennent en sommant les lignes et les colonnes. XX et YY sont indépendantes si chaque case est le produit de ses deux marges. La covariance se calcule par la formule de Kœnig-Huygens, Cov(X,Y)=E(XY)−E(X)E(Y)\mathrm{Cov}(X, Y) = E(XY) - E(X)E(Y) ; elle donne la variance d'une somme, V(X+Y)=V(X)+V(Y)+2 Cov(X,Y)V(X + Y) = V(X) + V(Y) + 2\,\mathrm{Cov}(X, Y), et le coefficient de corrélation ρ=Cov(X,Y)σ(X)σ(Y)\rho = \frac{\mathrm{Cov}(X, Y)}{\sigma(X)\sigma(Y)}, toujours compris entre −1-1 et 11. Deux variables indépendantes ont une covariance nulle, mais la réciproque est fausse. Ce chapitre suit le programme de deuxième année ECT, au Maroc comme en France, et sert aussi en ECG ; il couvre les lois conditionnelles, la loi de X+YX + Y lue sur le tableau, le cas ρ=±1\rho = \pm 1 et la simulation d'un couple en Python. Ces questions reviennent dans les exercices de probabilités du CNAEM, de l'ISCAE, de la BCE et d'ECRICOME.

Ce que tu sauras faire

Une expérience aléatoire produit souvent deux grandeurs à la fois : le nombre de caisses de deux vergers dans un prélèvement, la machine qui a fabriqué une pièce et son défaut, les revenus de deux productions d'une même année. Étudier chaque variable seule ne dit pas si elles sont liées. Ce chapitre étudie le couple : sa loi, l'indépendance des deux variables, et deux nombres qui mesurent leur liaison, la covariance et le coefficient de corrélation linéaire. À la fin, tu dois savoir :

Les sommes finies sont reprises dans le chapitre « Sommes finies et séries numériques ».

L’essentiel du chapitre Extrait gratuit

Un extrait de la fiche « L'essentiel » du chapitre. Les démonstrations sont dans le cours détaillé.

À retenir Loi d'un couple
  • Loi conjointe : X(Ω)X(\Omega), Y(Ω)Y(\Omega) et les pi,j=P([X=xi]∩[Y=yj])p_{i,j} = P([X = x_i] \cap [Y = y_j]), dans un tableau (lignes : XX ; colonnes : YY).
  • Contrôle : pi,j≥0p_{i,j} \geq 0 et ∑i,jpi,j=1\sum_{i,j}p_{i,j} = 1.
  • Obtention : dénombrement, arbre et probabilités composées pi,j=P(X=xi)P[X=xi](Y=yj)p_{i,j} = P(X = x_i)P_{[X = x_i]}(Y = y_j), formule.
  • Marginales : P(X=xi)=∑jpi,jP(X = x_i) = \sum_j p_{i,j} (somme de la ligne), P(Y=yj)=∑ipi,jP(Y = y_j) = \sum_i p_{i,j} (somme de la colonne), par les probabilités totales.
  • Conditionnelle : P[Y=yj](X=xi)=pi,jP(Y=yj)P_{[Y = y_j]}(X = x_i) = \frac{p_{i,j}}{P(Y = y_j)}, la colonne divisée par sa somme.
  • Les marginales ne déterminent pas la loi conjointe.
À retenir Indépendance
  • Définition : [X∈I][X \in I] et [Y∈J][Y \in J] indépendants pour tous intervalles II, JJ.
  • En univers fini : pi,j=P(X=xi)P(Y=yj)p_{i,j} = P(X = x_i)P(Y = y_j) pour toutes les cases ; ou factorisation pi,j=aibjp_{i,j} = a_ib_j.
  • Pour la nier : une case suffit ; une case nulle à marges non nulles suffit.
  • Une variable constante est indépendante de toute variable.
  • Jamais d'indépendance « de bon sens » : hypothèse de l'énoncé ou calcul.
À retenir Espérances
  • E(aX+bY+c)=aE(X)+bE(Y)+cE(aX + bY + c) = aE(X) + bE(Y) + c, sans hypothèse d'indépendance.
  • E(XY)=∑i,jxiyj pi,jE(XY) = \sum_{i,j}x_iy_j\,p_{i,j} (admis) ; on écrit E(XY)E(XY), jamais E(X,Y)E(X, Y).
  • XX, YY indépendantes ⇒E(XY)=E(X)E(Y)\Rightarrow E(XY) = E(X)E(Y) ; réciproque fausse.
  • Loi de X+YX + Y ou de XYXY : support par les cases non nulles, puis P(S=s)P(S = s) = somme des cases où xi+yj=sx_i + y_j = s.
À retenir Covariance
  • Cov(X,Y)=E((X−E(X))(Y−E(Y)))=E(XY)−E(X)E(Y)\mathrm{Cov}(X, Y) = E\big((X - E(X))(Y - E(Y))\big) = E(XY) - E(X)E(Y) (Kœnig-Huygens).
  • Symétrique, linéaire à gauche et à droite ; Cov(X,a)=0\mathrm{Cov}(X, a) = 0 ; Cov(X,X)=V(X)\mathrm{Cov}(X, X) = V(X) ; Cov(aX+b,cY+d)=ac Cov(X,Y)\mathrm{Cov}(aX + b, cY + d) = ac\,\mathrm{Cov}(X, Y).
  • Signe : positive, les variables varient dans le même sens ; négative, en sens contraire.
  • Indépendantes ⇒Cov=0\Rightarrow \mathrm{Cov} = 0 ; réciproque fausse : XX uniforme sur {−1,0,1}\{-1, 0, 1\}, Y=X2Y = X^2.
À retenir Variance d'une somme
  • V(X+Y)=V(X)+V(Y)+2 Cov(X,Y)V(X + Y) = V(X) + V(Y) + 2\,\mathrm{Cov}(X, Y) ; V(X−Y)=V(X)+V(Y)−2 Cov(X,Y)V(X - Y) = V(X) + V(Y) - 2\,\mathrm{Cov}(X, Y).
  • V(aX+bY)=a2V(X)+b2V(Y)+2ab Cov(X,Y)V(aX + bY) = a^2V(X) + b^2V(Y) + 2ab\,\mathrm{Cov}(X, Y).
  • Si Cov=0\mathrm{Cov} = 0 (en particulier si indépendantes) : V(X±Y)=V(X)+V(Y)V(X \pm Y) = V(X) + V(Y).
  • Si la loi de X+YX + Y est connue : Cov(X,Y)=12(V(X+Y)−V(X)−V(Y))\mathrm{Cov}(X, Y) = \frac{1}{2}\big(V(X + Y) - V(X) - V(Y)\big).
À retenir Coefficient de corrélation linéaire
  • ρ(X,Y)=Cov(X,Y)σ(X)σ(Y)\rho(X, Y) = \frac{\mathrm{Cov}(X, Y)}{\sigma(X)\sigma(Y)} si σ(X)σ(Y)≠0\sigma(X)\sigma(Y) \neq 0 ; sans unité, du signe de la covariance.
  • ∣ρ∣≤1\lvert\rho\rvert \leq 1 (trinôme V(tX+Y)≥0V(tX + Y) \geq 0).
  • ρ=±1\rho = \pm 1 si et seulement si Y=aX+bY = aX + b avec la probabilité 11, aa du signe de ρ\rho, a=Cov(X,Y)V(X)a = \frac{\mathrm{Cov}(X, Y)}{V(X)}, b=E(Y)−aE(X)b = E(Y) - aE(X).
  • ρ\rho proche de 00 : pas de liaison affine, mais une autre liaison reste possible ; corrélation n'est pas causalité.

Une méthode du chapitre Extrait gratuit

Un exercice corrigé Extrait gratuit

Dans le chapitre complet

Le cours détaillé, toute la fiche « L'essentiel », 15 méthodes, 16 pièges corrigés, la carte mentale, 41 exercices corrigés, 6 problèmes de concours, les fiches à mémoriser et l'assistant qui répond à tes questions. Les trois premiers chapitres de chaque matière sont offerts avec un compte d’essai gratuit.

Ouvrir l'essai gratuit

Plan du cours

Les méthodes du chapitre

Chaque méthode est une fiche : quand l'utiliser, le rappel de cours, les étapes, la rédaction attendue sur la copie, un exemple traité, les erreurs à éviter.

  1. Déterminer la loi conjointe d'un couple
  2. Compléter un tableau ou trouver une constante
  3. Déterminer les lois marginales
  4. Déterminer une loi conditionnelle
  5. Montrer que XX et YY sont indépendantes
  6. Montrer que XX et YY ne sont pas indépendantes
  7. Calculer l'espérance d'une somme ou d'une combinaison linéaire
  8. Calculer E(XY)E(XY)
  9. Calculer une covariance
  10. Calculer V(X+Y)V(X + Y), V(X−Y)V(X - Y) ou V(aX+bY)V(aX + bY)
  11. Calculer et interpréter le coefficient de corrélation
  12. Simuler un couple en Python et estimer la covariance
  13. Lire sur le tableau la loi de X+YX + Y ou de XYXY
  14. Calculer l'espérance d'une fonction du couple par le transfert
  15. Loi du maximum, du minimum, somme de binomiales

Les exercices corrigés

Chaque exercice a ses indications, sa correction rédigée et ce qu'il faut en retenir.

Application directe (15)

Entraînement (20)

Approfondissement (6)

Les problèmes de concours

Des extraits de sujets réels, corrigés en entier, avec la durée conseillée et les méthodes mobilisées.

Questions fréquentes

Comment trouver les lois marginales à partir de la loi d'un couple ?

Les événements [Y=yj][Y = y_j] forment un système complet ; par la formule des probabilités totales, P(X=xi)=∑jP([X=xi]∩[Y=yj])P(X = x_i) = \sum_j P([X = x_i] \cap [Y = y_j]). Dans le tableau du couple, la loi de XX s'obtient en sommant chaque ligne et celle de YY en sommant chaque colonne. On vérifie ensuite que chaque loi marginale a une somme égale à 11. Les marginales ne suffisent pas, en général, à retrouver la loi du couple.

Comment montrer que deux variables aléatoires sont indépendantes ?

Pour des variables finies, XX et YY sont indépendantes si et seulement si P([X=x]∩[Y=y])=P(X=x)P(Y=y)P([X = x] \cap [Y = y]) = P(X = x)P(Y = y) pour toutes les cases du tableau. Il faut donc vérifier toutes les cases, ou reconnaître une factorisation pi,j=aibjp_{i,j} = a_ib_j, ou citer une hypothèse de l'énoncé comme des tirages avec remise. Pour montrer qu'elles ne sont pas indépendantes, une seule case suffit : une case nulle dont les deux marges sont non nulles, par exemple.

Comment calculer une covariance ?

On utilise la formule de Kœnig-Huygens : Cov(X,Y)=E(XY)−E(X)E(Y)\mathrm{Cov}(X, Y) = E(XY) - E(X)E(Y), avec E(XY)=∑xiyj P([X=xi]∩[Y=yj])E(XY) = \sum x_iy_j\,P([X = x_i] \cap [Y = y_j]) calculée sur les cases non nulles du tableau. Par exemple, si E(X)=E(Y)=45E(X) = E(Y) = \frac{4}{5} et E(XY)=25E(XY) = \frac{2}{5}, alors Cov(X,Y)=25−1625=−625\mathrm{Cov}(X, Y) = \frac{2}{5} - \frac{16}{25} = -\frac{6}{25} : une covariance négative indique que les deux variables varient plutôt en sens contraire. On peut aussi développer par bilinéarité, ou écrire Cov(X,Y)=12(V(X+Y)−V(X)−V(Y))\mathrm{Cov}(X, Y) = \frac{1}{2}\big(V(X + Y) - V(X) - V(Y)\big) quand la loi de X+YX + Y est connue.

Une covariance nulle implique-t-elle l'indépendance ?

Non. Deux variables indépendantes ont une covariance nulle, mais la réciproque est fausse. Avec XX uniforme sur {−1,0,1}\{-1, 0, 1\} et Y=X2Y = X^2, on a E(XY)=E(X3)=0=E(X)E(Y)E(XY) = E(X^3) = 0 = E(X)E(Y), donc Cov(X,Y)=0\mathrm{Cov}(X, Y) = 0 ; pourtant P([X=0]∩[Y=1])=0P([X = 0] \cap [Y = 1]) = 0 alors que P(X=0)P(Y=1)=29P(X = 0)P(Y = 1) = \frac{2}{9}. Une covariance nulle dit seulement qu'il n'y a pas de liaison linéaire.

Que vaut la variance d'une somme de deux variables aléatoires ?

Pour toutes variables, V(X+Y)=V(X)+V(Y)+2 Cov(X,Y)V(X + Y) = V(X) + V(Y) + 2\,\mathrm{Cov}(X, Y), et plus généralement V(aX+bY)=a2V(X)+b2V(Y)+2ab Cov(X,Y)V(aX + bY) = a^2V(X) + b^2V(Y) + 2ab\,\mathrm{Cov}(X, Y). Si XX et YY sont indépendantes, la covariance est nulle et V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X + Y) = V(X) + V(Y) ; dans ce cas, on a aussi V(X−Y)=V(X)+V(Y)V(X - Y) = V(X) + V(Y), jamais V(X)−V(Y)V(X) - V(Y).

Comment interpréter le coefficient de corrélation linéaire ?

Le coefficient ρ(X,Y)=Cov(X,Y)σ(X)σ(Y)\rho(X, Y) = \frac{\mathrm{Cov}(X, Y)}{\sigma(X)\sigma(Y)} a le signe de la covariance, n'a pas d'unité et vérifie ∣ρ∣≤1|\rho| \leq 1. Il vaut 11 ou −1-1 si et seulement si Y=aX+bY = aX + b avec la probabilité 11, la pente aa ayant le signe de ρ\rho. Un coefficient proche de 00 signale l'absence de liaison affine, mais une autre dépendance reste possible, comme Y=X2Y = X^2 ; et une forte corrélation ne prouve pas une causalité.

Comment y accéder

Ce chapitre fait partie de l'accès complet. Les trois premiers chapitres de chaque matière sont offerts avec un compte d'essai gratuit. Créer un compte d'essai ou se connecter. Pour l'accès complet, les tarifs ou une question, écris-nous sur WhatsApp.

Toute ta prépa au même endroit

Pour chaque chapitre : le cours, l'essentiel, les méthodes, les pièges, les exercices corrigés, les problèmes de concours, et un assistant qui répond à tes questions. Programmes du Maroc et de France.

Essayer gratuitement Prepa Help

← Algèbre bilinéaire · Variables aléatoires discrètes infinies →