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Prepa Help › Cours › Sciences industrielles (SI), 2e année

Cinétique : torseurs cinétique et dynamique, énergie cinétique et inertie équivalente, cours et exercices corrigés

Torseur cinétique (résultante et moment cinétique), torseur dynamique et relation entre moments cinétique et dynamique, calcul au centre d'inertie ou en un point fixe à l'aide de la matrice d'inertie, énergie cinétique d'un solide et d'un ensemble de solides, inertie et masse équivalentes ramenées sur un axe ou une translation.

Les nombres sont ceux du chapitre complet ; chaque filière voit la partie qui correspond à son programme.

La cinétique décrit ce que le mouvement d'un solide emporte : le torseur cinétique, dont le moment cinétique se calcule avec la matrice d'inertie, le torseur dynamique, qui en découle par dérivation, et l'énergie cinétique. L'inertie équivalente ramène ensuite toute une chaîne de transmission, moteur, réducteur, vis ou tambour, à un seul arbre, en multipliant chaque inertie par le carré de son rapport de vitesse. Ce chapitre de deuxième année en sciences industrielles concerne la MP et la PSI au Maroc et la MP, la PSI, la PT et la TSI en France ; les sujets du CNC, du CCINP, de Mines-Ponts et de la Banque PT demandent chaque année un moment cinétique, une énergie d'ensemble ou une inertie équivalente. On y suit la démarche complète : choix du point, dérivation dans une base mobile, mouvements élémentaires, énergie solide par solide, lois entrée-sortie puis inertie équivalente, avec des exercices corrigés tirés des concours.

Ce que tu sauras faire

Pour savoir quel couple il faut pour lancer un bol de décanteur, quelle énergie il faut dissiper pour arrêter un train, ou quels efforts tournants subissent les paliers d'un rotor mal monté, il faut décrire ce que le mouvement d'un solide « emporte ». C'est l'objet de la cinétique : elle associe à un mouvement connu trois objets, le torseur cinétique, le torseur dynamique et l'énergie cinétique, calculés à partir de la masse, du centre d'inertie et de la matrice d'inertie du chapitre « Géométrie des masses ». Le principe fondamental de la dynamique et le théorème de l'énergie cinétique, aux deux chapitres suivants, s'en servent à chaque ligne. À la fin du chapitre, tu dois savoir :

L’essentiel du chapitre Extrait gratuit

Un extrait de la fiche « L'essentiel » du chapitre. Les démonstrations sont dans le cours détaillé.

À retenir Torseur cinétique et torseur dynamique
Les deux torseurs en deux colonnes : résultantes, moments, changement de point, formules en G ou en un point fixe, formules en un point quelconque.
Les deux torseurs en deux colonnes : résultantes, moments, changement de point, formules en G ou en un point fixe, formules en un point quelconque.
  • Quantité de mouvement : p⃗=m V⃗(G)\vec p = m\,\vec V(G) ; résultante dynamique : m a⃗(G)m\,\vec a(G).
  • Moment cinétique en un point AA lié au solide :
σ⃗(A)=Iˉˉ(A,S) Ω⃗+m AG→∧V⃗(A∈S),\vec\sigma(A) = \bar{\bar I}(A,S)\,\vec\Omega + m\,\overrightarrow{AG} \wedge \vec V(A \in S),

matrice et Ω⃗\vec\Omega dans la même base, liée au solide.

  • Changement de point : σ⃗(B)=σ⃗(A)+BA→∧m V⃗(G)\vec\sigma(B) = \vec\sigma(A) + \overrightarrow{BA} \wedge m\,\vec V(G) ; δ⃗(B)=δ⃗(A)+BA→∧m a⃗(G)\vec\delta(B) = \vec\delta(A) + \overrightarrow{BA} \wedge m\,\vec a(G).
  • Relation entre les moments, pour tout point AA :
δ⃗(A)=dσ⃗(A)dt∣R0+dO0A→dt∣R0∧m V⃗(G),\vec\delta(A) = \frac{\mathrm{d}\vec\sigma(A)}{\mathrm{d}t}\Big|_{R_0} + \frac{\mathrm{d}\overrightarrow{O_0A}}{\mathrm{d}t}\Big|_{R_0} \wedge m\,\vec V(G),

avec la vitesse du point géométrique.

  • Unités : kg.m.s−1\text{kg.m.s}^{-1}, kg.m2.s−1\text{kg.m}^2.\text{s}^{-1}, N, N.m.
À retenir Les formules courtes et leurs conditions
Formule Valable si
σ⃗(A)=Iˉˉ(A,S) Ω⃗\vec\sigma(A) = \bar{\bar I}(A,S)\,\vec\Omega A=GA = G, ou point AA du solide de vitesse nulle (point fixe, contact sans glissement), ou AG→\overrightarrow{AG} colinéaire à V⃗(A∈S)\vec V(A \in S)
δ⃗(A)=dσ⃗(A)dt\vec\delta(A) = \frac{\mathrm{d}\vec\sigma(A)}{\mathrm{d}t}, dérivée dans R0R_0 A=GA = G, ou AA fixe, ou vitesse du point géométrique AA colinéaire à V⃗(G)\vec V(G)
σ⃗(G)=0⃗\vec\sigma(G) = \vec 0 translation
σ⃗=Cθ˙ z⃗\vec\sigma = C\dot\theta\,\vec z, δ⃗=Cθ¨ z⃗\vec\delta = C\ddot\theta\,\vec z rotation autour d'un axe fixe principal, GG sur l'axe
δ⃗(A)⋅u⃗=ddt(σ⃗(A)⋅u⃗)−σ⃗(A)⋅du⃗dt\vec\delta(A)\cdot\vec u = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\big(\vec\sigma(A)\cdot\vec u\big) - \vec\sigma(A)\cdot\frac{\mathrm{d}\vec u}{\mathrm{d}t} AA fixe ou A=GA = G
À retenir Rotation autour d'un axe fixe, matrice pleine

Dans la base liée (x⃗1,y⃗1,z⃗)(\vec x_1,\vec y_1,\vec z), en un point OO de l'axe :

σ⃗(O)=−Eθ˙ x⃗1−Dθ˙ y⃗1+Cθ˙ z⃗\vec\sigma(O) = -E\dot\theta\,\vec x_1 - D\dot\theta\,\vec y_1 + C\dot\theta\,\vec z δ⃗(O)=(−Eθ¨+Dθ˙2) x⃗1−(Dθ¨+Eθ˙2) y⃗1+Cθ¨ z⃗\vec\delta(O) = \big(-E\ddot\theta + D\dot\theta^2\big)\,\vec x_1 - \big(D\ddot\theta + E\dot\theta^2\big)\,\vec y_1 + C\ddot\theta\,\vec z

À vitesse constante, il reste un moment qui tourne avec le solide : il charge les paliers.

À retenir Énergie cinétique
  • 2Ec={C}⊗{V}2E_c = \{\mathcal C\} \otimes \{\mathcal V\}, les deux torseurs au même point ; le résultat ne dépend pas du point.
  • En GG :
Ec=12m V(G)2+12 Ω⃗⋅Iˉˉ(G,S) Ω⃗.E_c = \frac12 m\,V(G)^2 + \frac12\,\vec\Omega\cdot\bar{\bar I}(G,S)\,\vec\Omega.
  • En un point OO fixe du solide : Ec=12 Ω⃗⋅Iˉˉ(O,S) Ω⃗E_c = \frac12\,\vec\Omega\cdot\bar{\bar I}(O,S)\,\vec\Omega.
  • Translation : 12mV2\frac12 mV^2 ; rotation autour d'un axe fixe Δ\Delta : 12JΔ ω2\frac12 J_\Delta\,\omega^2, avec JΔJ_\Delta sur l'axe de rotation (Huygens si l'axe ne passe pas par GG).
  • Cylindre plein qui roule sans glisser : 34mV2\frac34 mV^2.
  • Ensemble : somme des énergies des solides ; garder les termes croisés.

Une méthode du chapitre Extrait gratuit

Un exercice corrigé Extrait gratuit

Dans le chapitre complet

Le cours détaillé, toute la fiche « L'essentiel », 15 méthodes, 18 pièges corrigés, la carte mentale, 35 exercices corrigés, 10 problèmes de concours, les fiches à mémoriser et l'assistant qui répond à tes questions. Ce chapitre est offert : il s’ouvre en entier avec un compte d’essai gratuit.

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Plan du cours

Les méthodes du chapitre

Chaque méthode est une fiche : quand l'utiliser, le rappel de cours, les étapes, la rédaction attendue sur la copie, un exemple traité, les erreurs à éviter.

  1. Choisir le point et la base
  2. Calculer un moment cinétique en G ou en un point fixe
  3. Calculer un moment cinétique en un point lié au solide quelconque
  4. Reconnaître un mouvement élémentaire avant tout calcul
  5. Dériver un vecteur exprimé dans une base mobile
  6. Calculer un moment dynamique
  7. Projeter le moment dynamique sur une direction
  8. Traiter un solide en rotation autour d'un axe fixe non principal
  9. Traiter un ensemble de solides
  10. Calculer une énergie cinétique
  11. Déterminer une inertie équivalente ramenée sur un arbre
  12. Déterminer une masse équivalente ramenée sur une translation
  13. Traiter une inertie équivalente qui dépend de la position
  14. Contrôler un résultat de cinétique et répondre sur le document réponse
  15. Mesurer une inertie équivalente et comparer au modèle

Les exercices corrigés

Chaque exercice a ses indications, sa correction rédigée et ce qu'il faut en retenir.

Application directe (13)

Entraînement (17)

Approfondissement (5)

Les problèmes de concours

Des extraits de sujets réels, corrigés en entier, avec la durée conseillée et les méthodes mobilisées.

Questions fréquentes

Comment calculer le moment cinétique d'un solide ?

En un point AA lié au solide : σ⃗(A)=Iˉˉ(A,S) Ω⃗+m AG→∧V⃗(A∈S)\vec\sigma(A) = \bar{\bar I}(A,S)\,\vec\Omega + m\,\overrightarrow{AG} \wedge \vec V(A \in S), la matrice et le vecteur rotation étant écrits dans la même base, liée au solide. Le second terme est nul si AA est le centre d'inertie GG, si le point AA du solide a une vitesse nulle (point fixe, contact d'une roue qui roule sans glisser), ou si AG→\overrightarrow{AG} est colinéaire à V⃗(A∈S)\vec V(A \in S). Sinon, on calcule en GG puis on change de point : σ⃗(A)=σ⃗(G)+AG→∧m V⃗(G)\vec\sigma(A) = \vec\sigma(G) + \overrightarrow{AG} \wedge m\,\vec V(G).

Quelle relation lie le moment dynamique et le moment cinétique ?

En tout point AA : δ⃗(A)=dσ⃗(A)dt+dO0A→dt∧m V⃗(G)\vec\delta(A) = \frac{\mathrm{d}\vec\sigma(A)}{\mathrm{d}t} + \frac{\mathrm{d}\overrightarrow{O_0A}}{\mathrm{d}t} \wedge m\,\vec V(G), la dérivée étant prise dans le référentiel galiléen et la vitesse étant celle du point géométrique AA. La dérivée seule suffit en GG, en un point fixe, ou si la vitesse du point géométrique AA est colinéaire à V⃗(G)\vec V(G). On dérive le moment cinétique en dérivant aussi les vecteurs de la base mobile.

Pourquoi un rotor mal équilibré fait-il vibrer ses paliers ?

Pour un solide qui tourne de θ\theta autour d'un axe fixe (O,z⃗)(O,\vec z) avec des produits d'inertie DD et EE non nuls, le moment dynamique vaut δ⃗(O)=(−Eθ¨+Dθ˙2) x⃗1−(Dθ¨+Eθ˙2) y⃗1+Cθ¨ z⃗\vec\delta(O) = (-E\ddot\theta + D\dot\theta^2)\,\vec x_1 - (D\ddot\theta + E\dot\theta^2)\,\vec y_1 + C\ddot\theta\,\vec z. Même à vitesse constante, il reste un moment proportionnel à θ˙2\dot\theta^2 qui tourne avec le solide : ce sont les paliers qui le fournissent. Il disparaît si l'axe est principal d'inertie.

Comment calculer l'énergie cinétique d'un solide ?

Au centre d'inertie : Ec=12m V(G)2+12 Ω⃗⋅Iˉˉ(G,S) Ω⃗E_c = \frac12 m\,V(G)^2 + \frac12\,\vec\Omega \cdot \bar{\bar I}(G,S)\,\vec\Omega. Pour une rotation autour d'un axe fixe : Ec=12J ω2E_c = \frac12 J\,\omega^2, avec JJ le moment d'inertie autour de l'axe de rotation, obtenu par Huygens si l'axe ne passe pas par GG. Pour un ensemble, on additionne les énergies des solides, sans oublier les termes croisés entre solides en mouvement relatif.

Qu'est-ce que l'inertie équivalente ramenée à l'arbre moteur ?

C'est le nombre JeqJ_{eq} tel que l'énergie cinétique de toute la chaîne s'écrive 12Jeq ωm2\frac12 J_{eq}\,\omega_m^2. On écrit d'abord toutes les vitesses en fonction de ωm\omega_m par les lois entrée-sortie, puis l'énergie de chaque solide. Pour un réducteur de rapport k=ωs/ωek = \omega_s/\omega_e, l'inertie de sortie est multipliée par k2k^2 ; une masse MM entraînée par un tambour de rayon RR apporte M k2R2M\,k^2R^2. L'inertie équivalente n'est pas la somme des inerties.

Comment calculer la masse équivalente d'une vis à billes ?

Avec le pas réduit q=p/(2π)q = p/(2\pi), en mètres par radian, la vitesse de l'écrou vaut V=q ωV = q\,\omega. Ramenée à l'écrou, la vis d'inertie JvJ_v et la charge de masse MM donnent Meq=M+Jv/q2M_{eq} = M + J_v/q^2 ; ramenées à la vis, Jeq=Jv+M q2J_{eq} = J_v + M\,q^2. Prendre le pas en mètres par tour à la place du pas réduit fausse le terme de la charge d'un facteur (2π)2≈39,5(2\pi)^2 \approx 39{,}5.

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