Énergétique : puissances, théorème de l'énergie cinétique, rendement : cours, méthodes et exercices corrigés
Puissance d'une action mécanique extérieure et des inter-efforts, puissance dissipée dans les liaisons, théorème de l'énergie cinétique pour un solide et un ensemble de solides, loi de mouvement par l'approche énergétique, rendement et pertes, sens du flux de puissance et puissance électrique d'une chaîne.
- 17méthodes
- 36exercices corrigés
- 9problèmes
- 22pièges
- 128figures
Ce que tu sauras faire
Combien d'énergie faut-il pour lancer le bol d'un décanteur, où part cette énergie quand on le freine, que coûte chaque lancement, et quel couple le moteur d'un palan doit-il fournir à la montée et à la descente ? Ces questions ne demandent pas les actions dans les liaisons, seulement le bilan des échanges d'énergie. L'approche énergétique y répond en une équation : le théorème de l'énergie cinétique relie la dérivée de l'énergie cinétique, calculée au chapitre « Cinétique », aux puissances des actions mécaniques. Elle explique aussi les pertes et le rendement d'une transmission. À la fin du chapitre, tu dois savoir :
- calculer la puissance d'une action mécanique extérieure à un solide ou à un ensemble de solides, et donner son signe ;
- calculer la puissance des actions mutuelles entre deux solides (inter-efforts), nulle pour une liaison parfaite, négative pour un frottement ;
- écrire un bilan des puissances justifié, puis appliquer le théorème de l'énergie cinétique à un solide ou à un ensemble de solides ;
- en tirer une loi de mouvement quand les efforts sont connus, ou un couple moteur quand le mouvement est imposé ;
- choisir entre le théorème de l'énergie cinétique et le principe fondamental de la dynamique, ou les combiner ;
- écrire un bilan de puissances en régime permanent avec un rendement, et calculer le rendement d'une chaîne ;
- repérer le sens du flux de puissance avant d'écrire les pertes, en particulier à la descente d'une charge et au freinage.
L’essentiel du chapitre Extrait gratuit
-
Puissance d'une action extérieure à un solide , dans son mouvement par rapport à : comoment des deux torseurs, écrits au même point (n'importe lequel) :
-
Cas usuels : force (glisseur en seulement) ; couple ; poids ( vers le haut) ; ressort .
-
La puissance dépend du repère : pour le théorème de l'énergie cinétique, mouvement par rapport au référentiel galiléen.
-
Puissance des actions mutuelles : , indépendante du repère.
-
Nulle sans mouvement relatif et pour une liaison parfaite ; négative pour un frottement ; de signe quelconque pour un moteur ou un ressort intérieurs.
-
Puissance intérieure : , chaque paire une seule fois.
-
Stator hors de l'ensemble isolé : puissance du moteur extérieure ; stator dedans : intérieure.
| Phénomène | Puissance des actions mutuelles |
|---|---|
| glissement, coefficient | |
| frottement visqueux | |
| résistance au roulement | |
| roulement sans glissement, sans résistance | |
| liaison parfaite |
-
Dans galiléen, pour un ensemble :
-
Forme intégrée : .
-
Une seule équation scalaire, conséquence du principe fondamental : jamais d'information nouvelle, jamais une action de liaison.
-
On isole tous les solides en mouvement, jamais le bâti ; on dit le référentiel.
-
Énergie potentielle (outil, non exigible) : , avec ou .
- , ou .
- Inertie variable : on ajoute le terme au membre de gauche, .
- Mouvement imposé : ; puissance , maximale en fin d'accélération pour un trapèze ; énergie d'un cycle : aire sous .
- Résolution : cas élémentaires à la main ; sinon logiciel (Maroc) ; en France, résolution analytique non exigible, résolution numérique au chapitre de simulation pour les classes qui l'ont.
Une méthode du chapitre Extrait gratuit
Au début de toute application du théorème de l'énergie cinétique (compétence : modéliser), dès que le mécanisme a plus d'un solide.
Le théorème s'écrit dans un référentiel galiléen, pour un solide ou un ensemble de solides :
Il ne donne qu'une équation ; il est fait pour un mécanisme dont le mouvement ne dépend que d'un paramètre.
- Nommer le référentiel lié au sol, supposé galiléen.
- Isoler tous les solides en mouvement, du rotor du moteur à la charge, jamais le bâti : les liaisons entre eux deviennent intérieures et souvent parfaites, donc de puissance nulle.
- Décider où est le stator du moteur : sur le bâti, hors de l'ensemble (le couple moteur est une action extérieure), ou dedans (action intérieure).
- Vérifier que le mouvement de l'ensemble ne dépend que d'un paramètre ; sinon, prévoir une équation du principe fondamental en plus (méthode 14).
« On isole l'ensemble = {rotor, réducteur, rouleaux, bande, voyageurs}, dans le référentiel lié au sol, supposé galiléen. Le stator du moteur est fixé au bâti : le couple moteur est une action extérieure à . Le mouvement de ne dépend que de la vitesse de la bande. En régime établi chargé, la puissance utile vaut 975 W, sous les 1,5 kW prévus par le cahier des charges : l'exigence est tenue si le rendement de la transmission dépasse . »
Un trottoir roulant d'aéroport transporte des voyageurs sur une bande sans fin, entraînée par un motoréducteur via un rouleau de tête ; la bande s'appuie sur des rouleaux porteurs. On isole {rotor, réducteur, rouleaux, bande, voyageurs}, dans le référentiel du sol : les liaisons entre ces pièces sont intérieures (engrènements, contact bande-rouleaux), celles avec le bâti sont extérieures, comme le couple du stator sur le rotor. Le mouvement ne dépend que de la vitesse de la bande. En régime établi, chargé de 30 voyageurs, le trottoir doit vaincre un effort résistant global de 1 500 N à m/s (valeurs choisies pour l'exemple) : le théorème, avec , donne une puissance utile de W, que le moteur devra fournir en plus de ses propres pertes ; le cahier des charges prévoit un moteur de 1,5 kW.
- Isoler le bâti, ou un ensemble qui contient le bâti : ses liaisons avec le sol n'ont plus de sens.
- Isoler une seule pièce de la chaîne : les actions des pièces voisines, inconnues, apparaissent dans les puissances extérieures.
- Ne pas dire le référentiel, ni l'ensemble isolé : le rapport du concours CCINP 2019 (filière PSI) note que « très peu énoncent ce théorème ».
Exercices 3, 4 et 19.
Un exercice corrigé Extrait gratuit
Deux personnes de 70 kg montent quatre étages, soit 12 m de dénivelé. La première met 20 s, la seconde 25 s. On prend et l'on suppose la montée à vitesse moyenne constante.
- Calculer l'énergie qu'il faut donner à chaque personne pour l'élever de 12 m. L'exprimer en joules puis en kilowattheures.
- Calculer la puissance moyenne développée par chacune. Un tableau d'ordres de grandeur donne « 410 W » pour la première : d'où vient l'écart ?
- On isole une personne, de vitesse constante. Que vaut la puissance de son poids ? Que vaut, d'après le théorème de l'énergie cinétique, la puissance développée par ses muscles ? Est-ce une puissance extérieure ou intérieure ?
- Comparer à quelques ordres de grandeur : un adulte peut tenir environ 100 W pendant longtemps, et 600 W pendant quelques secondes. Conclure.
- Question ajoutée : à la maison, mesurer la hauteur d'une marche, compter les marches d'un escalier et chronométrer une montée calme puis une montée rapide. Calculer les deux puissances.
Méthodes 5 et 16. L'énergie ne dépend que des états initial et final ; la puissance dépend de la durée. À vitesse constante, l'énergie cinétique ne varie pas.
1. L'énergie à fournir est le travail qu'il faut opposer au poids :
soit kWh. Les deux personnes reçoivent la même énergie.
2. W et W. La valeur « 410 W » est un arrondi de 412 W, pas une autre valeur : une puissance est une énergie par unité de temps, et monter plus vite demande plus de puissance pour la même énergie.
3. Le poids est une action extérieure ; sa puissance vaut W pour la première personne : elle est résistante. L'énergie cinétique est constante, donc le TEC donne une somme des puissances nulle : les muscles, actions intérieures au corps isolé, développent W. C'est l'exemple d'une puissance intérieure positive : une puissance intérieure n'est pas toujours une perte.
4. 412 W, c'est quatre fois ce qu'on tient longtemps : on monte vite quatre étages, pas quarante. 330 W reste un effort soutenu. Les deux valeurs sont cohérentes avec l'expérience : on arrive essoufflé en haut.
5. Avec des marches de 17 cm et 60 marches, m ; en 40 s, W ; en 18 s, 389 W. La mesure se fait sans matériel : un mètre et un chronomètre de téléphone.
Énergie et puissance ne se confondent pas : ne dépend pas de la durée, en dépend. La puissance du poids se calcule par , et son signe dit si l'action est motrice ou résistante (méthode 5) ; un ordre de grandeur se contrôle toujours (méthode 16).
Le cours détaillé, toute la fiche « L'essentiel », 17 méthodes, 22 pièges corrigés, la carte mentale, 36 exercices corrigés, 9 problèmes de concours, les fiches à mémoriser et l'assistant qui répond à tes questions. Les trois premiers chapitres de chaque matière sont offerts avec un compte d’essai gratuit.
Ouvrir l'essai gratuitUne question ? WhatsAppPlan du cours
- 1. Pourquoi l'énergétique
- 2. Énergie cinétique : rappel
- 3. Puissance d'une action mécanique extérieure
- 3.1 Définition
- 3.2 Cas à connaître
- 3.3 Dans quel repère ?
- 4. Puissance des inter-efforts
- 4.1 Définition et propriété
- 4.2 Les liaisons réelles
- 4.3 Où est le stator ?
- 5. Énergie potentielle : un outil commode
- 6. Théorème de l'énergie cinétique
- 7. Loi de mouvement d'une chaîne à un paramètre
- 8. Mouvement imposé : couple, puissance maximale, énergie d'un cycle
- 9. TEC ou PFD
- 10. Pertes et rendement en régime permanent
- 10.1 Bilan des puissances
- 10.2 Rendement d'un transmetteur
- 10.3 Rendement d'une chaîne
- 10.4 Effort et flux ; justifier le choix d'un constituant
- 11. Sens du flux de puissance, réversibilité, quadrants
- 11.1 Qui fournit la puissance ?
- 11.2 Réversibilité
- 11.3 Les quatre quadrants
- 12. Le rendement en régime variable
- 13. Contrôler un résultat d'énergétique
- 14. Histoire de la notion
- 15. Expériences sans achat
- 16. Ce qui vient ensuite
- 17. Sur le sujet : ce que relèvent les jurys
Les méthodes du chapitre
Chaque méthode est une fiche : quand l'utiliser, le rappel de cours, les étapes, la rédaction attendue sur la copie, un exemple traité, les erreurs à éviter.
- Choisir le système isolé et dire le référentiel galiléen
- Dresser le bilan des puissances et le présenter sur le document réponse
- Exprimer toutes les vitesses en fonction d'un seul paramètre
- Calculer l'énergie cinétique et lire l'inertie ou la masse équivalente
- Calculer la puissance d'une action extérieure et donner son signe
- Calculer la puissance d'une liaison réelle, d'un frottement et d'un actionneur intérieur
- Utiliser une énergie potentielle et l'intégrale première
- Appliquer le théorème de l'énergie cinétique et en tirer l'équation de mouvement
- Trouver un couple ou un effort moteur en mouvement imposé
- Identifier les termes d'une forme imposée par l'énoncé
- Écrire un bilan de puissances en régime permanent avec un rendement
- Calculer le rendement d'une chaîne, la puissance électrique et l'énergie d'un cycle
- Repérer le sens du flux de puissance avant d'écrire les pertes
- Choisir entre théorème de l'énergie cinétique et principe fondamental, ou les combiner
- Comparer deux solutions techniques par le théorème de l'énergie cinétique
- Contrôler un résultat d'énergétique
- Associer effort et flux, puis justifier le choix d'un constituant
Les exercices corrigés
Chaque exercice a ses indications, sa correction rédigée et ce qu'il faut en retenir.
Application directe (15)
- Monter un escalier : énergie et puissance
- L'enrouleuse de fil en régime établi : puissance du moteur
- Le robot de chantier : couple maximal de levage
- Le siège pivotant d'aide aux personnes à mobilité réduite : durée de rotation
- Barrière simple et barrière à parallélogramme : quel couple pour lever la lisse ?
- La vis d'Archimède d'une station d'épuration : couple et puissance
- Rendement d'une chaîne et couples d'entrée et de sortie
- Le support inclinable : deux rendements en série
- Les puissances dissipées dans un contact ponctuel
- Le robot à quatre roues : bilan des puissances et équation de mouvement
- Le mélangeur gyroscopique : couple moteur par le TEC
- Frottements sec et visqueux ramenés à l'arbre moteur
- Le freinage d'un avion de ligne : énergie à dissiper
- Effort et flux : la puissance d'un vérin, d'une pompe et d'un moteur
- Le robot delta : couple du motoréducteur
Entraînement (16)
- Le treuil de levage : couple de maintien et couple d'accélération, montée et descente
- Le chariot à crémaillère : profil de vitesse, couple et énergie d'un cycle
- Le miroir orienté par un vérin : forme imposée et rendement dans l'inertie équivalente
- L'ascenseur à contrepoids et volant d'inertie : volant minimal
- Le portique à conteneurs qui descend sa charge : rendement dans le bon sens
- Le vibreur d'oliviers : puissances extérieures et intérieures
- Les roues de friction en élastomère : résistance au roulement et rendement
- Le pont de levage à moufle : la forme et le signe du couple
- La pompe à excentrique : frottement sec et équation de mouvement
- La meule à huile qui roule sur sa meule dormante
- La grue à tour : couple d'orientation avec le vent et rendement du réducteur
- Le déambulateur motorisé : couple pour accélérer
- La roue de vélo qui ralentit : couple de frottement et puissance perdue
- Le robot d'impression en rotation : résistance au roulement des galets
- Le tapis de course motorisé : justifier le choix du moteur
- Le chariot élévateur : effort du vérin de direction par le TEC
Approfondissement (5)
- Le véhicule électrique urbain : énergie dépensée et récupérée sur un cycle
- Le pignon-crémaillère et ses facteurs de perte : énergie du moteur sur un cycle
- La scie d'élagage : une inertie qui dépend de la position
- La télécabine urbaine : bilan des puissances et puissance installée
- Le robot à deux mobilités : le TEC ne suffit plus
Les problèmes de concours
Des extraits de sujets réels, corrigés en entier, avec la durée conseillée et les méthodes mobilisées.
- Le centre d'usinage : couple du moteur de l'axe X par le théorème de l'énergie cinétique
- Le taxiage électrique d'un avion : effort de denture à l'atterrissage et énergie dissipée dans l'embrayage
- Le bras d'un robot de stimulation magnétique transcrânienne : couple du moteur de l'axe 1 avec ressort de rappel
- Le robot mobile sur une pente : puissances, résistance au roulement et équation de mouvement
- Le gyropode : démarche, bilan des puissances et pilotage en accélération
- Le chariot élévateur à bras : bilan des puissances et couple moteur d'un vérin électrique
- La nacelle d'observation levée par câbles et contrepoids : équation de mouvement et énergie d'un cycle
- L'arceau de radiologie : couple et puissance du moteur sur un cycle, choix du moteur
- Le démarrage d'une turbine à gaz : couple du lanceur
Comment y accéder
Ce chapitre fait partie de l'accès complet. Les trois premiers chapitres de chaque matière (deux par bloc en économie et droit, en management et gestion) sont offerts avec un compte d'essai gratuit. Créer un compte d'essai ou se connecter. Pour l'accès complet, les tarifs ou une question, écris-nous sur WhatsApp.