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Prepa Help › Cours › Français-philosophie, 2e année

Génie, talent et travail en deuxième année : définitions, quatre tensions, confrontation de Platon, Zola et Woolf, citations pour le thème « Les arcanes de la création »

Le génie, le talent et le travail croisés dans Platon, Zola et Woolf : don reçu ou effort, l'œuvre manquée du génie, la technè, la discipline de l'écrivain, arguments, exemples et citations pour la dissertation.

Les nombres sont ceux du chapitre complet ; chaque filière voit la partie qui correspond à son programme.

Le talent est-il un don, ou une conquête du travail ? La question revient dans tous les sujets du thème « Les arcanes de la création », qui réunit Platon, Ion et République X (traductions de Monique Canto et de Georges Leroux, GF), Zola, L'Œuvre (GF), et Woolf, Un lieu à soi (traduction de Marie Darrieussecq, Folio). Ce chapitre de français-philosophie de deuxième année (MP, MPI, PC, PSI, PT, TSI, TPC, au Maroc et en France) croise les trois œuvres sur une seule notion. Il pose six distinctions (talent et génie, avoir du génie et être un génie, don et métier, inné et acquis, facilité et maîtrise, travail producteur et travail formateur) et quatre tensions : le talent est-il un don ? le travail fait-il le talent ? le génie se juge-t-il à l'œuvre achevée ? le génie est-il solitaire ? Il montre qu'Ion a travaillé sans acquérir d'art, que L'Œuvre fait voir tous les dosages du don et du travail dans la bande de Claude Lantier, et que Woolf fait dépendre le génie de ses conditions jusque dans sa naissance. Il donne les citations exactes avec leurs références (Stephanus et page pour Platon, chapitre pour Zola, traduction nommée pour Woolf) et montre comment poser la question sans réciter l'opposition de l'inné et de l'acquis.

Ce que tu sauras faire

Une question revient dans tous les sujets sur la création : le talent est-il un don, ou une conquête du travail ? Le chapitre 6 l'a rencontrée sous la forme « inspiration ou travail ? ». Ce chapitre la reprend du côté des capacités (le don, le talent, le génie) et de l'œuvre achevée, en croisant les trois œuvres. À la fin de ce chapitre, tu dois savoir :

L'essentiel : La notion en une page Extrait gratuit

Un extrait de la fiche « L'essentiel » du chapitre. Les démonstrations sont dans le cours détaillé.

Le talent est-il un don, ou une conquête du travail ? Les trois œuvres refusent de choisir, chacune à sa manière. Chez Platon, Ion a travaillé, mais il ne sait rien de ce dont parle Homère : son « talent » est le nom que Socrate donne à une ignorance, et le livre X juge le plus grand poète à ce qu'il a inventé et transmis. Dans L'Œuvre, Zola montre une bande d'artistes où chaque dosage du don et du travail échoue à sa façon, et où le génie de Claude Lantier est reconnu malgré l'échec de la grande toile qu'il visait, sur des toiles anciennes que Bongrand rappelle. Dans Un lieu à soi, Woolf concède qu'un génie comme celui de Shakespeare « ne naît pas » parmi des gens serviles : les conditions agissent jusque sur la naissance du génie, il n'en subsiste chez les exclus qu'« une certaine forme », et la formation, la tradition et l'intégrité restent réservées à quelques-uns.

Une méthode du chapitre Extrait gratuit

Un exercice corrigé Extrait gratuit

Dans le chapitre complet

Le cours détaillé, toute la fiche « L'essentiel », 13 méthodes, 16 pièges corrigés, la carte mentale, 35 exercices corrigés, 4 problèmes de concours, les fiches à mémoriser et l'assistant qui répond à tes questions. Les trois premiers chapitres de chaque matière sont offerts avec un compte d’essai gratuit.

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Plan du cours

Les méthodes du chapitre

Chaque méthode est une fiche : quand l'utiliser, le rappel de cours, les étapes, la rédaction attendue sur la copie, un exemple traité, les erreurs à éviter.

  1. Définir talent, génie, don, métier et travail, et distinguer « avoir du génie » d'« être un génie »
  2. Analyser un sujet sur le don et le travail : repérer l'alternative cachée
  3. Problématiser sans réciter l'opposition de l'inné et de l'acquis
  4. Situer un personnage sur la grille don, travail, œuvre
  5. Bâtir une sous-partie qui croise deux œuvres autour d'une figure secondaire
  6. Transformer une objection en dépassement : de « don ou travail » à « savoir ou ignorance »
  7. Citer pour la notion : Stephanus et page, chapitre de Zola, une traduction nommée de Woolf
  8. Employer Kant, § 47, ou Alain sans qu'ils remplacent les œuvres
  9. Lire un jugement porté sur un artiste dans le roman : qui juge, d'où, avec quelle valeur
  10. Traiter un sujet d'un ancien thème transposé : garder la consigne, déplacer l'objet de la citation sans le trahir
  11. Placer le regard de l'islam en sous-partie ou en ouverture, et dire une transposition comme telle
  12. Réussir la troisième partie sans « mise en abyme » obligée sur le travail des auteurs
  13. Traiter la notion dans les épreuves A et B de la Banque PT

Les exercices corrigés

Chaque exercice a ses indications, sa correction rédigée et ce qu'il faut en retenir.

Application directe (14)

Entraînement (16)

Approfondissement (5)

Les problèmes de concours

Des extraits de sujets réels, corrigés en entier, avec la durée conseillée et les méthodes mobilisées.

Questions fréquentes

Le talent est-il un don ou une conquête du travail ?

Les trois œuvres refusent de choisir. Le mot garde lui-même la trace de la question : talent vient du latin talentum, un poids puis une monnaie, et le sens de « dons reçus » vient de la lecture d'une parabole où un maître confie des sommes à ses serviteurs (Trésor de la langue française, CNRTL). Le talent est d'abord une chose reçue, qu'on fait valoir ou qu'on laisse dormir. Le don existe : chez le sculpteur Mahoudeau, le narrateur de L'Œuvre voit naître « la grâce que rien ne donne et qui fleurit où elle veut » (chap. X). Mais un don a un objet, comme Chaîne, jeté dans la peinture « malgré le goût véritable qu'il montrait à tailler le bois » (chap. III), et il peut mourir, comme le talent de Bongrand au Salon (chap. X). Le travail, lui, est nécessaire sans suffire : Ion dit de l'étude d'Homère « c'est la partie de mon art qui m'a coûté le plus de travail » (Ion, 530c, p. 56), et il n'a pourtant acquis aucun art. Le don est une condition, jamais une garantie ; le travail ne fait le talent que s'il est un apprentissage, guidé, orienté vers un objet, transmis.

Quelle différence entre avoir du génie et être un génie ?

Avoir du génie, c'est posséder une qualité, à un certain degré ; être un génie, c'est être une personne d'exception. Au premier sens, le génie est la capacité de créer du nouveau, qui se mesure à l'œuvre accomplie, alors que le talent est l'aptitude, qui peut rester mesurée. Un sujet sur le génie parle presque toujours de la qualité : la copie qui en fait une galerie de grands hommes change de sujet, et un rapport du jury du CCINP (2015, p. 5) blâme les copies où le génie « devenait une personne et non un ensemble de qualités ». L'Œuvre fait voir l'écart entre le talent et le génie avec Fagerolles : il « avait l'art facile, un tour de main à tout réussir » (chap. III), mais il reste « marqué pour toujours à l'empreinte de ce génie d'un autre, qu'il reconnaissait » (chap. VII). En dissertation, on écrit d'abord si le mot du sujet désigne une qualité ou une personne, une nature ou une acquisition, puis on garde ce sens jusqu'à la conclusion. On évite enfin « génial », qui est familier : on écrit « de génie ».

Que Platon oppose-t-il au don dans l'Ion ?

On croit souvent que Platon oppose le don au travail ; il l'oppose au savoir. Socrate dit d'abord que l'art du rhapsode « exige que vous passiez votre vie en compagnie de plusieurs bons poètes, surtout en compagnie d'Homère » (Ion, 530b-c, p. 56), et Ion répond : « Pour moi, en tout cas, c'est la partie de mon art qui m'a coûté le plus de travail » (530c, p. 56). Le rhapsode a donc travaillé. Mais un art connaît son objet : « à chacun des arts, le dieu n'a-t-il pas donné en partage la faculté de connaître un certain objet ? » (537c, p. 86). Ion a passé sa vie avec Homère sans rien apprendre de la médecine, de la conduite des chars ni de la stratégie dont Homère parle. Socrate nomme alors ce qui le fait parler : « ce n'est pas grâce à un art, mais grâce à une faveur divine que tu as le talent de louer Homère » (536d, p. 83). Le mot « talent » nomme ce qui remplace l'art : chez Platon, il peut être le nom d'une ignorance. Le livre X de La République juge de même Homère à ses inventions et demande s'il a été « réellement en mesure de former des hommes et de les rendre meilleurs » (600c, p. 188). La question « don ou travail ? » devient « savoir ou ignorance ? ». Les citations sont celles des traductions de Monique Canto et de Georges Leroux (GF).

Claude Lantier a-t-il du génie, dans L'Œuvre de Zola ?

Oui, et le roman repose sur l'écart entre ce génie et l'œuvre qu'il vise. Claude n'est pas un génie sans travail. Il se juge « une brute qui ne savait pas son métier » (chap. III) et veut l'apprendre, mais non « sous la férule de professeurs qui vous entrent de force dans la caboche leur vision à eux » (chap. III). Il connaît un moment de maîtrise conquise, devant des morceaux « où aboutissaient enfin d'anciens efforts stériles » (chap. VIII). Il achève et expose des toiles : Plein air, puis L'Enfant mort, que Fagerolles fait recevoir au Salon par une faveur du jury (chap. X). Ce qu'il n'achève pas, c'est la grande toile qui devait contenir toute sa vision : « Vois-tu, c'était trop gros pour moi, et c'est ça qui m'étouffe. » (chap. X). Le narrateur parle de « son tourment de précurseur qui sème l'idée sans récolter la gloire » (chap. X). Au convoi, Bongrand, qui rappelle ses toiles anciennes, le tient pourtant pour un grand peintre, et Sandoz remet l'œuvre attendue à l'avenir : « Il faudra une génération, deux générations peut-être » (chap. XII). On ne fait donc de Claude ni un raté, ni un peintre sans métier, ni un modèle de génie sacrifié : le génie se reconnaît à l'œuvre, mais il peut dépasser ce qui en a été achevé.

Que dit Woolf du génie et de ses conditions dans Un lieu à soi ?

Woolf n'écrit jamais « talent » : elle dit gift, le don, et genius, le génie ; la traduction prescrite de Marie Darrieussecq rend une fois gift par « talent », à propos de Dorothy Osborne (chap. 4, p. 104). Woolf commence par une concession : « il est inconcevable qu'une femme de l'époque de Shakespeare ait pu avoir le génie de Shakespeare. Car un génie semblable au sien ne naît pas parmi des gens laborieux, incultes et serviles. » Puis elle ajoute : « Pourtant, une certaine forme de génie a dû exister parmi les femmes, comme elle a dû exister dans les classes ouvrières. » (chap. 3, dans une traduction anonyme, éd. SCRL 2026, qui n'est pas la traduction prescrite). Les conditions agissent donc jusque sur la naissance du génie ; Woolf ne dit ni que les femmes en ont moins par nature, ni que le génie est également réparti. Ce qui sépare ensuite le don de l'œuvre est la formation : Judith, la sœur imaginée de Shakespeare, a « un don semblable à celui de son frère pour la musique des mots », mais « Elle ne pouvait recevoir aucune formation à son art. » (chap. 3, même traduction). C'est aussi la tradition, puisque les grandes romancières n'auraient pas plus écrit « que Shakespeare sans Marlowe, Marlowe sans Chaucer, ou Chaucer sans ces poètes oubliés qui ouvrirent la voie » (chap. 4, même traduction), et l'intégrité. L'argent et la pièce sont des conditions, non des causes.

Comment confronter Platon, Zola et Woolf sur le génie, le talent et le travail ?

On les confronte sur quatre questions : si le talent est donné, à quoi sert l'apprentissage ? peut-on travailler beaucoup sans rien savoir de son art ? faut-il une œuvre achevée pour être un génie ? le génie est-il un individu, ou le sommet d'une lignée ? Pour chacune, on dit si chaque œuvre appuie la thèse, la nuance ou y objecte, avec un passage précis. Sur le don, Platon appuie avec ironie, puisque la « faveur divine » (Ion, 536d, p. 83) nomme ce qu'Ion ne sait pas ; Zola nuance avec la grâce de Mahoudeau, le don détourné de Chaîne et le talent mort de Bongrand ; Woolf objecte, puisque le génie de Shakespeare « ne naît pas » parmi des gens serviles (chap. 3). Sur le travail, Platon objecte, car Ion a travaillé sans acquérir d'art (530c, 537c) ; Zola nuance avec Dubuche, « malgré son effort de gros travailleur : l'imagination lui manquait » (chap. II) ; Woolf appuie avec la formation refusée à Judith. Sur l'œuvre achevée, Platon appuie, puisqu'Homère est jugé à ce qu'il a inventé et transmis (République X, 600a et 600c) ; Zola et Woolf nuancent avec la grande toile manquée de Claude et Charlotte Brontë, qui « ne parviendra jamais à exprimer son génie tout entier et intact » (Un lieu à soi, chap. 4, trad. anonyme, éd. SCRL 2026). Sur la lignée, Zola et Woolf objectent au génie solitaire. Aucune œuvre ne supprime le secret du génie, mais toutes refusent d'en faire une excuse.

Que dit le regard de l'islam sur le don et le travail ?

Le chapitre présente ce regard sobrement, et toujours comme une transposition, puisque les textes de la tradition parlent de religion ou de caractère, non d'art. La tradition prophétique compare les hommes à des mines de valeur inégale, dont les qualités ne se confirment que par l'instruction : appliquée au talent de l'artiste, l'image dit une nature reçue, que seul un savoir acquis confirme. Elle reconnaît aussi des dons de caractère, dont elle tire la gratitude et non l'orgueil, sans en faire une fatalité qui rendrait l'effort vain. La pensée de la civilisation islamique a par ailleurs défini l'art. Pour Ibn Khaldoun, au XIVe siècle, « L'art est une faculté acquise (par laquelle on agit) sur une chose qui est un objet de travail et de réflexion » ; cette faculté se fixe par un acte répété, se reçoit d'un maître, et les arts ne se perfectionnent que « pendant une longue suite de siècles et de générations » (Les Prolégomènes, trad. de Slane, p. 357-358). Malek Bennabi écrit de même : « Il faut lier la notion des dons à celle du travail » (Les conditions de la renaissance, chapitre « L'art », p. 137). Ce regard ne nie pas le don et ne s'y fie pas. En copie, il tient en une ou deux phrases, en sous-partie, après l'analyse des œuvres : il aide à penser la question, il n'est jamais une preuve.

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